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Mustapha Ben Boulaid condamné à mort, le 21 juin 1955


bouArrêté le 11 février 1955 à la frontière tuniso-lybienne, Ben Boulaid, commandant de la Wilaya 1 et surnommé « le lion des Aurès », est jugé et condamné à mort le 21 juin de la même année.

Mustapha Ben Boulaid revenait d’un voyage qu’il avait entrepris pour se procurer des armes. Il est arrêté le 11 février 1955, à la frontière tuniso-lybienne par des militaires français. Ces derniers trouvent sur lui des papiers qui confirment qu’il est bien le chef de l’insurrection dans l’Aurès. Ils contenaient aussi tous les détails de l’organisation qu’il avait mise sur pied.

Le 21 juin de la même année, il est jugé par le tribunal militaire de Constantine et condamné à la peine de mort. Il est emprisonné dans la prison centrale de Constantine d’où il s’évadera le 4 novembre 1955 avec plusieurs autres détenus dont Tahar Zbiri grâce à la complicité d’un gardien de prison, Djaffer Chérif, issu de sa région natale. Au cours de cette évasion un de ses compagnons chute, se blesse et sera par la suite guillotiné. C’est en commun accord, au tirage au sort, que l’ordre d’évasion s’est déroulé.

Ben Boulaid regagne le massif où règne l’anarchie depuis son arrestation et remet de l’ordre dans son administration. « En trois mois, Ben Boulaïd réussit non seulement à redonner une unité à la zone de l’Aurès, mais à établir des liaisons avec Zighout Youssef et son adjoint Ben Tobbal, chefs de la zone de Constantine » (Histoire en questions).

Mais le 27 mars 1956, alors qu’il manipule un colis (un poste radio piégé parachuté par l’armée française selon la version officielle), une forte explosion le tue, ainsi que deux de ses compagnons. « L’Aurès est privée de la seule tête capable de réaliser l’union des montagnards » (J. Morizot).

La version officielle est souvent contestée, notamment par l’un de ses compagnons d’évasion, Tahar Zbiri qui a déclaré que d’autres personnes étaient impliquées dans ce coup monté. Certains vont jusqu’à accuser Krim Belkacem d’avoir fomenté le piège.

Selon le site web Histoire en question, les services spéciaux français avaient organisé une mise en scène pour larguer l’émetteur-récepteur radio qui devait tomber entre les mains de Ben Boulaid. « L’avion largua d’abord deux chargements de riz. Suspendus aux corolles gracieuses des parachutes, les énormes ballots de ravitaillement atterrirent presque aux pieds des hommes des paras. Mais, au troisième passage, ce fut l’incident. Le parachute soutenant le troisième colis s’accrocha à la roulette de queue de l’appareil. Le parachutage était loupé. S’il parvenait à se détacher, le chargement atterrirait à des kilomètres de la dropping zone  prévu en pleine zone rebelle. L’appareil radio perfectionné qui pendait au bout des suspentes du parachute allait grossir le butin des maquisards du chef rebelle Ben Boulaïd. Cette éventualité ne sembla émouvoir ni les officiers ni les hommes qui observaient la manœuvre avec curiosité mais sans fébrilité. Et pour cause. Toute cette opération était le fruit d’une soigneuse mise en scène imaginée par les services spéciaux français. Pour frapper à la tête l’état-major insaisissable de la zone rebelle de l’Aurès, le service Action du S.D.E.C.E. avait mis au point une opération très particulière que le capitaine commandant avait expliquée à ses hommes au bivouac de Menaa. Ce n’est que plusieurs mois après que les services spéciaux et les hommes du 11e  « choc » apprirent le succès total de l’opération.
Comme prévu, les maquisards sortis de la forêt récupérèrent le poste et le firent parvenir à l’autorité suprême de la région, Ben Boulaïd. Le 27 mars 1956, celui-ci brancha le poste sur une batterie et tenta d’établir le contact. On ne retrouva rien du corps de Ben Boulaïd.
Les spécialistes de Cercottes avaient remporté leur plus belle victoire. Car après la mort de Ben Boulaïd, l’Aurès, berceau de la révolution, allait retomber dans l’anarchie. Il faudra attendre 1958, et encore, pour que l’Aurès retrouve un vrai chef et un semblant d’unité ! » (Histoire en questions).

Z.M.

Sources :

  1. J. Morizot, « Ben Boulaïd Mostefa  », Encyclopédie berbère, 9 | Baal – Ben Yasla, Aix-en-Provence, Edisud, 1991, p. 1441-1444
  2. http://lequotidienalgerie.org/2010/05/29/mostefa-benboulaid-le-pur-dentre-les-purs/
  3. http://www.histoire-en-questions.fr/guerre%20algerie/terreur-coups%20tordus-boulaid.html
  4. http://www.jijelannonces.net/blog/histoire/ben-boulaid-est-mort-victime-d-un-complot.html

 

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