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Mostaganem, la ville charmeuse fondée au Moyen-âge …


Avant de connaître des extensions vers le Sud, durant la période coloniale et après l’indépendance, Mostaganem fut établie sur les deux rives de Oued Sefra.

Mausolée MostaSituée au débouché des plaines du Chélif et de la Macta, la ville grouillante a gardé un caractère ancien. Ville universitaire et industrielle, elle est aussi la ville du théâtre amateur et de la musique chaâbi, ainsi que de la poésie populaire. Ses montagnes surplombant les villages sont parsemés de 300 mausolées. A l’Ouest, ses belles plages ravivent les coeurs des voyageurs et des touristes. La plage des Sablettes, après La Salamandre qui un petit port au sud de Mostaganem, conçu pour une capacité réservée à 85 unités de petits métiers et 50 unités de plaisanciers; va sur un balcon donnant sur le rivage, comprend le port de pêche et de plaisance où les estivants s’y retrouvent pour y dîner, savourer des glaces ou simplement se balader, profitant de l’air marin.

Les phéniciens avaient établie des comptoirs au petit port de Ouillis et de Kharrouba, dans la région de Mostaganem, marquant ainsi leu passage. Certains, attribueraient la fondation de Mostaganem aux allemands qui, durant le XIe siècle, en furent les maîtres.

Mostaganem fut prise par des mérinides en 1200. Vers 1302, Youcef Ibn Tachfine construit le Bordj Lemahel, sur une colline, au Nord de l’actuelle agglomération. En 1342, Abou eïnan, fit construire une seconde mosquée, à la demande du Sultan mérinide Abou l’Haçan Ali Ibn Abi Saïd.

En 1505, les espagnols tentèrent d’envahir la région causant des rivalités meurtrières entre espagnols et turcs. Les batailles les plus meurtrières se déroulèrent à Mazagran qui a été relatée dans le poème épique de Sidi Lakhdar Benkhlouf. Une bataille qui s’est déroulée le douzième jour de Doul El Qaâda, 26 Août 1558. Il y fait une description saisissante de vérité et de détails des participants et des événements. Cette bataille, où mourut le comte d’Alcaudette et qui s’acheva par la victoire sur les Espagnols. Quant à la bataille de Mazagran, en réalité il y en eut trois: la plus célèbre des batailles se déroula en 1558 et nous en connaissons tous les détails grâce à celui qu’on surnommait Meddah errassoul, Sidi Lakhdar disait : «Si tu avais vu ce qui s’est passé dans cette nuit de combat. Ne manquait que le père des deux Hassan, de la kouba de Bouasria, patron de la ville, jusqu’à la direction de la kibla, dispersés. L’ennemi fuyait la teneur du combat, hurlant à qui voulait l’entendre, et les têtes s’envolaient comme des têtes de moutons.».

Les trois exemple qui vont suivre, expliqueront les trois tentatives du comte d’Alcaudète pour s’emparer de Mostaganem:

Dès l’expulsion des Morisques d’Espagne et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, Mostaganem fut la ville la plus importante du Beylek de l’Ouest, après Tlemcen. Ce n’est qu’en 1516 qu’elle passe sou la domination ottomane et fut fortifiée et agrandie par Kheir Eddine Barberousse. En 1551, Mohamed El Harran, fils du Chérif Mohamed El Mehdi, Sultan du Maroc, s’en empare et poursuit sa marche sur Alger, mais Hassan Corso l’arrête, le bat et reprend la ville. Cinq ans plus tard, en 1556, en marchant sur Oran, Hassan Corso concentre ses forces à Mostaganem où sa flotte débarque artillerie, vivres et munitions.

Euldj Ali, quant à lui, dirigea une armée de 14 000 mousquetaires, 60 000 auxiliaires indigènes, ajoutant à ce monde, 14 000 chameaux, chargés de poudre, sur Mazagran et Mostaganem, se disposant ainsi à faire le siège devant Oran, dans le but de faire une décente en Espagne, pour seconder une rébellion des morisques qui s’y préparait.

Bien qu’après la mort du comte, les Espagnols n’aient plus paru disposés à une entreprise sérieuse contre cette place, les Turcs et les Maures restèrent toujours sur leurs gardes, dans la crainte de quelque coup de main.

Si l’importance de Mostaganem semble être due à l’établissement de grand nombre de familles andalouse attirées par la fertilité de ses terres, elle se présentait comme l’une des plus grande villes de l’Ouest.

Mostaganem La Villa Pineda (2)En 1833, après une vive résistance menée par l’Emir Abdelkader à l’armée coloniale française, le général Demichels occupa Mostaganem. De nombreuses batailles s’en suivirent, comme celle de Mazagran, en 1840, ce qui sous-entend que la résistance a duré longtemps après l’établissement de l’armée du général.

Plus tard, Mostaganem participera activement aux manifestations du 8 mai 1945 et durant la guerre de la révolution, à partir de 1954, la wilaya a connu plus de 90 batailles, dont 71 uniquement entre 1956 et 1958, ce qui avait engendré de lourdes pertes aux forces françaises.

En plus de la beauté de sa nature, les oueds qui la traversent se jetant à la mer qui offre des plages encore sauvages, ainsi que les traces des différentes invasions, Mostaganem a vu naître de grands talents, comme le dramaturge Ould Abderrahmane Abdelkader, dit Kaki et le speintres Mohamed Khedda, Abdallah Benanteur et Benriati Laredj, ainsi que le metteur en scène Mohamed Chouikh, l’historien Moulay Belhamissi et les musiciens interprètes Hadj Moulay Benkrizi, Maâzouz Bouadjadj, Habib Benhattar, Cheikh Hamada, Cheikh Djilali Aïn Tedlès et les poètes Tengour, Abdelkader Bentobdji et Sidi Lakhdar Benkhlouf.

Mounira Amine-Seka.

Sources :

  • Dictionnaire des localités algériennes, par chour Cheurfi, Ed. Casbah, 2001.
  • wilaya-mostaganem.dz.
  • Presse Nationale.

 

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