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L’Machtâa : La touche finale (dernière partie)


femme d'alger 1928 gervais courtellementLe lendemain de la nuit de noces, pour marquer la différence de l’attrait physique existant entre une jeune fille et une femme mariée, l’machtâa prépare cette dernière, en lui défaisant ses fines petites tresses enrubannées appelées aussi Khouwara. Les morceaux de rubans sont distribués aux autres jeunes filles pour leur porter bonheur. Elle finit le cérémonial de transformation en lui coupant le « E-nader  » (espèces de mèches de cheveux situées au dessous des oreilles de chaque côté des joues). Il fallait également veiller à ce qu’aucune jeune fille n’adopte la coiffure d’une femme mariée.

A la fin de l’après-midi, les parents, famille et  la Machta, repartaient, laissant la mariée en sanglots, et pleine d’appréhension face à l’appel de sa nouvelle vie, mais se retrouvait souvent consolée et choyée par sa nouvelle famille.

La Dame en question (Machta) aide la femme algérienne dans le domaine de sa vie conjugale, en lui prodiguant des conseils judicieux, et des astuces simples et peu onéreuses pour son esthétique. Il faut dire que la femme algérienne savait se mettre en valeur avec peu de choses, tout en sachant garder sa beauté naturelle.

Effectivement l’Machtâa incite la femme à être coquette et cela en l’aidant à prendre conscience de ses atouts, tout en lui apprenant à faire des préparations de produits de beauté naturels tels que :

 

  • R’djina (cire vierge ou préparation à base de citrons)
  • Wodâa  (pilage de noyaux d’abricots pour gommer et  exfolier le visage)
  • Mâa Ward (lotion à l’eau de rose pour le visage)
  • K’hool (antimoine)
  • Souak (écorce de noyer)
  • T’fel (masque d’argile avec citron pour assouplir les cheveux et adoucir le corps)
  • Mesque ou Ambar pour se parfumer
  • Henné (lythracées salicaire), Afça pour se teindre les cheveux
  • Yasmine (jasmin à porter en collier).

 

D’autres cultures, inspirés par les récits de certains voyageurs étrangers lors lors de leur périple algérien, ont comparé l’image de la femme de chez nous à une recluse, mais savent-ils Oh ! combien elle est chérie par les siens.

tout ce beau monde était en effet loin, très loin de s’imaginer la douceur des après-midi passées à broder, les chaleureuses soirées conviviales qui s’y tenaient, et leur capacité à comprendre et à aimer tout ce qu’il y avait de beau autour d’elles.

Oh ! Combien étaient belles, ma mère, ma sœur, ma voisine, ma cousine, avec leurs foulards et leurs pantalons bouffons (pour les plus âgées), et Machlogue, pantalons pourvus de petites fentes de chaque côté (pour les jeunes).

Il fut un temps où la femme algérienne était comparée à une pierre précieuse jalousement cachée dans un écrin que chacun de ses proches (y compris le voisinage) chérissait et protégeait. ‘’ Zine Quane Fé S’nadaq dourk rah fé L’fnadek ‘’………..

 

 

 

Retrouvez les premières parties de L’Machtâa, sur babzman :

http://www.babzman.com/2014/lmachtaa-laccompagnatrice-des-futures-epousees-par-b-babaco/   (introduction)

http://www.babzman.com/2014/lmachtaa-preparation-de-la-mariee-a-ses-noces-par-b-babaci/   (préparation de la mariée à ses noces)

http://www.babzman.com/2014/lmachtaa-jour-de-noces/ (jour de noces)

 

B. Babaci

Écrivain-chercheur en histoire

 

Image : Photographie par G.Courtellemont, femmes d’Alger 1928

 

 

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One thought on “L’Machtâa : La touche finale (dernière partie)

  1. Samia

    Merci Mr Babaci pour cet excellent article,qui me rappelle les récits de ma grand-mère allah yerhamha.
    Quand (il y a bien longtemps,et dans « une autre vie »),je lui ai appris que je venais de suivre une formation d’estheticienne,je me suis embarquée dans des expliquations abracadabrantesques pour lui faire comprendre ce qu’était ce métier ; elle me regarda avec un sourire amusé et me dit : tu veux dire que tu es une machta maintenant ?! J’ai trouvé cette comparaison si jolie et bien plus poétique que mon nouveau métier,je l’avoue !
    Elle me racontais souvent comment cette dame s’occupait d’embellir naturellement les mariées,ce qui est loin d’être le cas maintenant (votre proverbe en est la preuve !). D’ailleurs,à ce propos (et je le tiens d’elle),la tesdira permettait à la mariée,de montrer aux invités ses talents en matières de broderie et de couture,car tout ce qu’elle portait (ou presque),était le fruit de son savoir-faire. Quand on voit les mariés maintenant,avec ces défilés indescents de tenues (souvent « empreintées » à d’autres cultures) le jour de la tesdira,on se demande pourquoi,et dans quel but…

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