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Lella Khedidja … Un mythe et des légendes


Cette dame qui a donné son nom à l’un des sommets du Djurdjura, culminant à plus de 2300 mètres d’altitude, est entourée de légendes qui se transmettent de générations en générations.

On dit que Khedidja avait des pouvoirs surnaturels. On ignore tout de sa famille, mais on sait qu’elle est originaire du village d’Ibelbaren, dans la commune actuelle de Sahridj, à 60 kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya.

On dit que cette jeune fille, bergère, pouvait se transformer en chacal pour surveiller son troupeau. On dit aussi, qu’elle pouvait déplacer des objets et accomplir des tâches, comme tisser la laine, préparer le repas, moudre le blé, simplement en fermant les yeux et en se concentrant sur ce qu’elle souhaiter faire.

Un jour de marché hebdomadaire, un villageois curieux suivis discrètement Khedidja  dans les champs. Le spectacle qui s’offrit à lui était incroyable : la jeune bergère s’est littéralement envolée vers le sommet de Tamgout, à plus de 2300 mètres d’altitude, après avoir confié son troupeau à un chacal.

Le villageois rentra au village et se dirigea vers Tajmaât pour raconter en détails ce qu’il avait vu. Le lendemain, pour vérifier les faits, quelques villageois décidèrent de suivre la jeune fille et eurent à constater la véracité des faits. Suite à cela, le sommet de cette montagne fut rebaptisé au nom de la bergère et devint de fait un lieu de culte et un lieu de pèlerinage après la mort de Khedidja. Un mausolée a donc été édifié sur le lieu même de son domicile, dans son village.

On raconte aussi que Khedidja ne voulait se marier qu’avec un prétendant possédant des pouvoirs surnaturels comme elle. Un jour, un homme se présenta à elle pour demander sa main. La bergère lui fit part de son exigence et le vit tourner les talons et s’éloigner vers la forêt toute proche. Il en revint avec une bête de somme chargée de bois mort fagoté à l’aide de serpents à la place d’une corde. Celui qui aura le privilège d’épouser Khedidja sera surnommé « l’homme aux fagots de serpents » (Vou Lahmel Izerman).

En se mariant, les deux jeunes gens se firent un serment : le premier des deux à décéder devra aménager leur maison en mausolée. Et c’est Khedidja qui mourra la première.

Une autre histoire se raconte aussi sur cette bergère, affirmant qu’elle était harcelée par une famille au nom d’Ath Lahcène. Ses membres lui volaient les fruits de son jardin, salissaient le linge qu’elle étendait… Khedidja pria Dieu pour que cette famille quitte les lieux pour en finir avec le harcèlement continu dont elle était victime. Et un jour, un épais et impressionnant brouillard enveloppa le village au point de le plonger dans le noir. Les Ath Lahcène, terrifiés par ce phénomène quittèrent les lieux pour s’installer de l’autre côté de la montagne, vers Beni Yenni où l’on retrouve encore un village portant leur nom.

Selon certains dires, Khedidja était une religieuse exemplaire qui prêchait la bonne parole au sein de la région et réconciliait les tribus et villages en conflits. Elle aurait même combattu la colonisation française au même titre que Lalla Fathma N’Soumer.

Cependant, nous ignorons à quelle époque elle aurait vécu et si elle a réellement existé telle que décrite dans la légende populaire.

Pourtant, à la fois respectée et crainte, Lalla Khedidja deviendra bien plus qu’un mythe dans la région. Son mausolée est, aujourd’hui encore, visité sept mercredi de suite chaque année, durant les mois de juillet et août. Les pèlerins y passent la nuit et, le lendemain matin, les marabouts sacrifient les moutons et les béliers reçus en offrande, pour les distribuer aux villageois et aux pèlerins.

 Synthèse Babzman

Source:

  • «Un site féerique à protéger», par Hafidh Bessaoudi, In La Dépêche de Kabylie du 18 Août 2007.
  • Kassaman.com.

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