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La nourriture de nos ancêtres berbères


f 5Autrefois les berbères vivaient du produit de leur champs et de l’élevage. Leur régime alimentaire était  à base de lait, de céréales, de fruits et de miel, ce qui selon les anciens auteurs, leur assurait une grande résistante physique. et une longévité remarquable. 

On a longtemps cru que l’arboriculture et la céréaliculture nord-africaines avaient été introduites par les Phéniciens, mais cette affirmation a été démenties par les enquêtes linguistiques qui montrent que la plupart des plantes cultivées ont des dénominations autochtones. 

Le blé et l’orge, qui prennent une place importante dans l’alimentation des populations maghrébines, sont désignés sous toute l’ère berbère par les mêmes termes : timzin et irden. L’orge était autrefois la nourriture du pauvre, qui l’utilisait pour faire son couscous et sa galette. En temps de disette, celui-ci devait se contenter de déchets de la mouture d’orge qu’il mêlait au son (taglast). La farine de blé était un aliment de luxe qu’on réservait pour les grandes occasions (fêtes, cérémonies…). Les berbères étaient friands de grains de blé et d’orge grillés. Les graines de blé sont trempées dans de l’eau, décortiqués, sèches et grillés. Les graines d’orge grillés, puis moulus donnent une autre friandise que l’on consomme avec des figues sèches : c’est la fameuse rouina, désignée en berbères sous diverses façons : arkuku, tercucu, arkul… Le sorgho est une graminée (appelé illan, ilnu, inliten) utilisée pour faire du pain et du couscous. Il est très apprécié des touaregs, qui le préfèrent à l’orge et au blé.

Le maïs,  est connu des berbères sous divers noms : amesgur, asengar, agetuc akbal… Il est consommé grillé sur le feu de braise, mais on moud également ses grains et on en tire une farine qui sert pour la confection de galettes et de gâteaux. 

Par ailleurs, les berbères cultivent la fève depuis la plus haute antiquité. On l’identifie le mot berbère au latin faba, mais la plante est certainement autochtone, puisqu’il existe plusieurs variétés de fèves spontanées en Afrique du nord. La fève est consommée verte ou sèche, avec ou sans grains. Elle entre dans la composition de nombreux plats dont le couscous. Onla mange également lors de certaines fêtes comme l’Achoura ou Ennayer (jour de l’an du calendrier agricole), et dans d’autres heureuses occasions. La fève représente dans la symbolique berbère, la fécondité, la force, et la longévité. Réduite en farine, elle sert à la préparation de nombreuses bouillies; cassée et séchée, elle donne une purée épaisse : abisar.

Enfin, les petites pois sont souvent consommés avec les fèves, et au même titre que cette dernière, son nom est très ancien : tinifin. Les pois chiches et les lentilles portent quant à eux, dans la majorité des parlers berbères, des noms dérivés de l’arabe hames et ‘des.

Mira B.G

Sources : 

  1. Lagdin Soassi, extrait de « alimentation », encyclopédie berbère
  2. M. Haddadou, « guide de la cukture berbère ».
  3. A. Julien, « Histoire de l’Afrique du nord, Tome 2

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