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La Diva constantinoise … Zhor Fergani


ZFElle a interprété tous les aspects du chant de l’Est algérien notamment le m’dih, el hawzi et le zadjal. Fergani Zhor, de son vrai nom Fatima Zohra Reggani, est née le 16 février 1915, à Constantine, dans une famille d’artistes. 

Sa mère, Akila Stambouli, mélomane avertie, se cargea de son éducation musicale, son père, El Hadj Hamou, ne se suffit pas à l’encourager, mais lui apprît également les bases du hawzi constantinois.

Ce n’est qu’en 1945, que Zhor débuta sa carrière, en animant des fêtes familiales, à la cité Daksi de Constantine. Elle constitua de nombreux ensembles féminins, dont le groupe des Benoutate (jeunes filles), au début des années 50. Une version rajeunie des fkirète, avec bendir uniquement. L’ensemble qui dura le plus, fut celui constitué de ses proches : sa mère, sa tante Hanifa et ses soeurs, Malika et Zoulikha, ainsi que Zouina et Houria Zidane. El Hadja Zhor, manipulait parfaitement le violon, mais également la derbouka et le tar.Seulement, quand elle se produisait en gala, elle était toujours accompagnée par un orchestre masculin.

Au lendemain de l’indépendance, la cantatrice se produisait souvent dans les centres des enfants de martyrs. Le gala le plus marquant de sa carrière, fut certainement celui du 22 et 23 février 1964, qui a eu lieu au théâtre municipal de Sétif, où le public l’accueillit d’une manière aussi exceptionnelle que son talent et sa notoriété. De là, Zohor fut sollicitée de partout, de l’Est à l’Ouest, en passant par le Centre. Lorsqu’elle fut invitée pour une soirée à Mostaganem, par la famille Bouamrane, elle finit par y rester sept jours et sept nuits.

La Diva de Constantine avait fait de nombreux enregistrements à la télévision,  en plus des transmissions en direct.  Ses 45 tours ont été enregistrés, en 1972, chez Pathé Marconi, dans lesquels on retrouve : Sidi Abderrahmane, Sidi M’hammed, Sidi Rached, Lella Mennoubia, Lella Laârouça, Ya Rahhala, Khellouni, Kelma wa twila et Ya Ziyyar.

El Hadja Zhor fut la pionnière dans l’interprétation en public du Mahdjouz et du Zedjel, accompagnée des plus grands orchestre et grands maîtres. Elle a pu sortir le chant traditionnel féminin de Constantine du cercle restreint des femmes et des fêtes familiales de la vieille cité et ainsi, le porter sur la scène publique nationale.

La Diva constantinoise nous a quitté le 5 août 1982, au lieu de début de sa carrière, à la cité Daski de Constantine, penchée sur son plus fidèle compagnon, son violon.

Depuis la fin des années 90, Fella, sa nièce, a repris le flambeau et assure la relève.

Mounira Amine-Seka.

Source : Dictionnaire des musiciens et interprètes algériens, par Achour Cheurfi, Ed. ANEP, 1997.

 

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