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Jacques Vergès, l’anticolonialiste. Entretiens avec Philippe Karim Felissi


Philippe Karim Felissi : « Quelles motivations vous conduisent aujourd’hui à débattre sur le thème de la défense pénale et politique pendant la guerre d’Algérie? »

Jacques Vergès : »Cette période est pour moi extrêmement riche et m’a beaucoup appris sue le plan personnel et professionnel. C’est une expérience que je souhaite partager avec ceux qui n’ont pas connu cette époque. »

P.K.Felissi : « Vous êtes né en 1925 et la guerre d’Algérie débute en novembre 1954. Quel lien faites-vous entre cette période et votre jeunesse?
J.Vergès : « Elle ne se sépare pas de ma jeunesse, elle en est le couronnement. Pour bien saisir ces années cinquante, il faut se souvenir que la seconde guerre mondiale s’est achevée en 1945, soit dix ans après.

Lorsque la guerre d’Algérie a éclaté, j’étais secrétaire de l’Union internationale des étudiants, dont le siège se trouvait à Prague. J’ai été porté à ce poste à la demande du Comité de liaison des étudiants anticolonialistes de Paris, dont j’étais à l’époque le secrétaire. C’était un organe informel qui assurait, sans être fédéral pour autant, la liaison entre toutes les organisations représentative des étudiants ressortissants de ce que l’on appelle encore « l’Empire colonial français ». On y trouvait, par exemple, l’Association des étudiants musulmans nord-africains, l’Association des étudiants d’origine malgache, le Fédération des étudiants d’Afrique noire en France, l’association générale des étudiants vietnamiens, l’Association des étudiants khmers, l’Union des étudiants réunionnais en France, etc.

L’Union internationale des étudiants à Prague avait proposé que je sois élu à son comité exécutif. Puis, en 1952, après une mission en Inde, je suis devenu secrétaire de l’Union internationale des étudiants, à la demande de la Fédération pan-indienne des étudiants jusqu’en 1954, année de ma démission. J’ai démissionné pour une raison simple : j’avais 29 ans et s’il était possible de rester « dirigeant-étudiant »jusqu’à l’âge de 40 ans dans les pays de l’Est, en revanche, dans les pays de l’Ouest, on aurait fini par me demander si je n’étais pas le doyen de la faculté.

Je suis donc rentré à Paris, en 1954. Je m’étais auparavant engagé dans les Forces Françaises Libres (1) en 1942, à l’âge de 17 ans, avant d’être mobilisé en 1945. J’ai donc été admis comme étudiant « boursier » en ma qualité d’ancien combattant.
J’ai commencé une licence d’histoire et de géographie et me suis inscrit, en même temps, aux Langues orientales. J’ai étudié l’hindoustani et le malgache. Parallèlement  à ma vie étudiante, j’ai débuté une vie militante au sein des mouvements anticolonialistes, laquelle m’a conduit à Prague de 1952 à 1954. »

Source : Entretiens avec Philippe Karim Felissi, Jacques Vergès, l’anicolonialiste » Editions Chihab, Alger, 2005.

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