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Guerre de libération : organisation du système de santé


santéDurant la guerre de libération, le FLN, très organisé, a réussi, grâce à des médecins consciencieux, à mettre au point un excellent système de santé, principalement pour l’évacuation des blessés. Mais dans les maquis, la situation était loin d’être facile.

 

Durant la guerre de libération, le service de santé fait partie des grandes préoccupations du FLN. Et lorsque le GPRA créé le ministère de la Santé et des Affaires sociales, le docteur Nekkache devient le responsable du service de santé de l’ALN à Tunis. Ce fils de Nedroma fera preuve d’une grande efficacité, tant par sa compétence que par son sens de l’organisation. Il réussi à mettre au point une couverture médicale assurant tous les soins, depuis le secourisme jusqu’aux médecins traitant dans les infirmeries centrales des frontières, en passant par les brancardiers et les infirmiers.

Au Maroc, et surtout en Tunisie, grâce à la solidarité tunisienne, des dispensaires et des contingents de lits seront réservés aux combattants algériens dans les hôpitaux Habib Thameur et Charles-Nicolle de Tunis, à l’hôpital Hedi-Chaker de Sfax, ainsi que dans d’autres établissements mineurs.

Dans ces centres travaillent des médecins algériens, libanais, tunisiens et des français ralliés au Front. L’un des plus connus demeure le docteur Aïssa Bensalem, ancien président du conseil général UDMA du département de Constantine, qui dirigera de 1956 à 1962, le service « algérien » de l’hôpital Habib-Thameur. Selon Gilbert Meynier, « au total, entre l’Intérieur et l’Extérieur, ce fut peut-être plus de la moitié du corps médical algérien-médecins et étudiants en médecine- qui travailla d’une manière ou d’une autre dans le cadre du FLN/ALN. »

Et avec le zèle du chirurgien Michel Martini, en étroite collaboration avec le docteur Nekkache, des kinésithérapeutes algériens seront formés avec l’aide précieuse de la Yougoslavie, de même que des cours d’infirmeries seront donnés.

Le duo Nekkache-Martini permet ainsi aux blessés algériens de recevoir des soins de rééducation en Europe, notamment en Yougoslavie et en RDA et plus tard en URSS.

En 1961, toujours grâce à la coopération yougoslave, il sera procédé à l’inauguration du centre de rééducation pour blessés de Nassen, ainsi qu’un centre d’accueil et d’éducation pour les orphelins fils de chuhada, à Sidi Bou Saïd.

Selon Meynier, à la fin de la guerre, l’utilisation du matériel et des instruments médicaux de campagne et l’évacuation des blessés de l’Intérieur et des frontières est parfaitement bien maitrisés, malgré le handicap énorme du barrage (Challes). A tous les niveaux des unités de l’armée des frontières, le service sanitaire est bien agencé et sous l’impulsion du lieutenant Slimane, un corps paramédical est également aménagé.

A l’Intérieur, en revanche, l’implantation d’un service de santé butte sur l’absence d’une ligne de front, c’est-à-dire d’un arrière stable où implanter des infirmeries. Nekkache met l’accent sur la formation de brancardiers et d’infirmiers pour palier aux premiers soins sur place, avant une éventuelle évacuation vers le Maroc ou la Tunisie.

Parce que dans les maquis, la situation est souvent catastrophique. Les combattants ont besoin de médecins capables de donner des soins approfondis, comme l’extraction de balles. Mais de médecins confirmés, il n’y en a presque pas. La majorité d’entre eux sont des étudiants en médecine qui n’ont pas terminé leurs études et qui ont pris le maquis à l’appel de la grève du FLN.

Les confirmés sont rares dans les maquis. Généralement, ils sont tués dans des accrochages ou capturés et faits prisonniers.

Quand aux services de soins, ils se résument à des centres précaires, nommés hôpitaux, souvent mobiles. Ils sont installés dans des maisons isolées en forêt ou en zones interdites, parfois, se sont des grottes qui sont aménagées à cet effet. Aménagées est d’ailleurs un grand mot. En réalité, on y trouve généralement quelques matelas pneumatiques et des nattes, un qanûn pour faire bouillir de l’eau et faire à manger. Les sutures sont souvent faites sans anesthésiques et l’hygiène y est réduite au strict minimum : les instruments sont bouillis, les mains lavées au savon.

Malgré toutes les bonnes volontés, l’implantation de services de santé demeurera fragile, dans la mesure où ils sont dans la ligne de mire de la répression française. L’offensive Challe voit la découverte et la destruction d’un grand nombre de ces centres. Par ailleurs, des médecins sont fait prisonniers ou sont tués, leur nombre est particulièrement élevé entre 1957 et 1958. Beaucoup de combattants pourraient être sauvés, mais la guerre est ainsi, injuste et dévastatrice.

Synthèse K.T.

 

Source :

  1. Gilbert Meynier, «Histoire intérieur du FLN. 1954-1962 », Casbah Editions, 2003.

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