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Information historique et socioculturelle sur l'Algérie

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Du christianisme en terre nord-africaine 


La pratique du christianisme a fait date en Afrique du Nord, laissant des lieux de culte et des monuments comme témoignage indélébile de son histoire. Aujourd’hui, seuls les Coptes égyptiens maintiennent encore leur communauté.  

 

L’ancrage du christianisme et son développement en Afrique du Nord, notre dameen particulier dans le Maghreb central, est intimement lié à la dynamique cultuelle de la capitale de l’empire romain, mais aussi à la rivale Carthage dont l’église est représentée par les illustres théologiens Tertullien et Cyprien de Carthage, puis Augustin d’Hippone (l’actuelle Annaba). Ce dernier a écrit que les évêques de Carthage ont entretenu des relations constantes avec l’Eglise de Rome, mais aussi « avec toutes les autres régions (de la Méditerranée) d’où l’Evangile est venu en Afrique elle-même ». Lui-même consacré évêque d’Hippone en 395 où il a passé le reste de sa vie, Saint Augustin est le pionnier d’une petite communauté chrétienne. Avant de décéder (28 Août 430 à l’âge de 76 ans), il léguera sa plus grande œuvre, La Cité de Dieu (un ensemble de 22 livres) dans laquelle il expliquera la signification du christianisme dans l’histoire et celle de l’histoire pour le christianisme. 

Un ouvrage qui demeure une véritable référence au jour d’aujourd’hui, aussi bien pour l’église que pour des auteurs. Une basilique à Annaba (1900) sera dédiée à ce philosophe et théologien, natif de Thagaste (actuelle Souk Ahras), comme une grande reconnaissance à sa mission et à sa pensée.  

 

Dialogue 

Que reste-t-il donc du christianisme en Afrique du Nord, sinon ses lieux de culte ?  En Egypte, la communauté minoritaire des Coptes, perçue comme une exception, coexiste tant bien que mal. Tout comme dans plusieurs contrées maghrébines, des communautés chrétiennes berbères se sont maintenues jusqu’à la fin du XIe siècle. Plus tard, la colonisation sera un terrain favorable pour une politique d’évangélisation, notamment en Kabylie en zone montagneuse, surtout.  A Alger, la Basilique Notre-Dame d’Afrique (1872) est probablement l’institution la plus connue en Algérie, elle entretient, au mieux, un dialogue vivant avec les musulmans. De même que des missionnaires maintiennent de bonnes relations avec les populations locales par leur action caritative et leurs activités culturelles, que ce soit au monastère de Tibhirine près de Médéa, à la maison diocésaine d’Alger ou dans d’autres établissements comme ceux de Ghardaïa et de Beni Abbes, là où le moine Charles de Foucauld a mené sa mission (1901-1903) autour de la construction d’une chapelle.   

Quant aux monuments comme les Djedars dans la région de Frenda, ils se différencient des grands mausolées royaux préromains de Numidie (Medghacen dans les Aures) et de Maurétanie (le dit Tombeau de la Chrétienne dans le Chenoua). Tout comme les tumulus à chapelle de Djorf Torba (à proximité de Kenadsa), ses stèles funéraires préislamiques ont résisté à toutes les ères, non sans témoigner de l’existence d’une foi chrétienne. Nombreuses sont les causes d’extinction progressive de la pratique collective chrétienne, dans la partie nord-africaine. L’une d’elles réside certainement dans l’avènement de l’islam dès le VIIe siècle.  

 

Mohamed Redouane 

 

Sources 

  1. Le christianisme en Afrique du Nord : les origines par François Decret (février 2002).  
  2. Djedar par Gabriel Camps. Encyclopédie berbère. 
  3. Djorf Torba par Gabriel Camps. Encyclopédie berbère.  
  4. Eléments de pré- et protohistoire européenne. Annales littéraires de l’univesité de Besançon  (Les Belles lettres, Paris, 1984).  
  5. Photo : Basilique Notre-Dame d’Afrique, Alger, ©Mira Gacem, Babzman

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