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Dar Kh’daouedj El-Amia, un patrimoine à l’agonie


khDar Kh’daouedj El-Amia est un palais privé situé en pleine Casbah. Il est bâti sur une ancienne Zaouiya datant du XVème siècle.

En 1789, le Ministre des Finances du Dey Mohamed Ben Othman, l’acheta pour le compte de sa fille appelée Kh’daouedj (Géranium ou dérivé de Khadidja) qui était d’une grande beauté, et qui selon la légende devint aveugle (Amia) à force de se contempler dans la glace, d’où le nom du palais Kh’daouedj  El-Amia.

Son entrée donne sur une Squifa composée d’arcades en accolades recouvrant des niches latérales que bordaient les faisceaux de trois colonnes, elles constituaient ainsi des bancs de marbre. Les plafonds étaient ornés de voûtes d’arêtes. Cette Squifa aboutissait à une courette bordée de pièces de logements qui ont subi des remaniements. Sur la droite, un escalier conduit aux niveaux supérieurs qui se composent d’un patio doté de galeries superposées que bordent huit grandes pièces d’inégales dimensions, et d’une sorte d’appendice coiffé d’une coupole qui pourrait être un petit oratoires ou un hammam.

A l’étage, on y trouve une pièce ouverte sur l’extérieur par des fenêtres donnant sur la rade et sur la partie nord de la ville. Elle est décorée de carreaux de faïences de deft, avec une porte à vantaux. Un autre escalier mène aux terrasses.

Ce palais devint musée national des arts et traditions populaires en 1961, lequel ne bénéficiant d’aucune publicité; compte un nombre de visiteurs insignifiant.

Un avenir incertain !

« Depuis 2008, la façade sud du palais s’effondre lentement avec des dommages qui s’aggravent sous l’effet conjugué des intempéries et la misère administrative nationale. Dès l’entrée de la sqifa, le visiteur attentif est frappé par le système de béquillage en madriers annonciateurs  de la gravité du pronostic ». Lit-on dans un article paru dans le quotidien El watan, du 5 avril 2014.

Le bilan est désastreux, l’on apprend que « les plafonds laissent passer la lumière du jour. Les somptueux décors en stuc sont en ruine. Les travaux de restauration, en attente depuis l’opération de soutènement de 2008, se traduisent par une accélération du processus de destruction sous l’effet des infiltrations qui gonflent les murs en pisé. Les magnifiques revêtements en carreaux de céramique siliceux, importés de Hollande ou de Tunis il y a cinq siècles, tombent de tous côtés »…

Nous assistons muets, inertes et impassibles face à la mort certaine d’un patrimoine, que nos enfants ne connaîtrons jamais!

 

 

B. Babaci

Écrivain-chercheur en histoire

* Notes sur le constat : R. Lourdjane, El watan, 5 avril 2014

 

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