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Contribution : Ali Bitchin – Suite et Fin : La mort du « Lion des mers »


batAli Bitchin souhaitait depuis toujours libérer l’Algérie de la tutelle ottomane s’exerçant à travers la régence d’Alger. Surtout après la trahison du sultan d’Istanbul.

« Vers 1638, la marine algérienne, sous le commandement de Ali Bitchin, subit d’importants dégâts aux côtés de la flotte ottomane contre les Vénitiens à Avlona dans la mer Adriatique. Le Sultan promit aux raïs d’Alger de les indemniser en conséquence, mais n’envoya jamais les subventions promises pour la reconstitution de la flotte algérienne ».

Soulevant la légitime colère de nos raïs, ceux-ci prirent, désormais, la décision de ne plus prêter main forte à la marine turque. Durant l’année 1645, le sultan Ibrahim convoque tous les navires de guerre algériens pour combattre les chevaliers de Malte et les Vénitiens. Leur fixant rendez-vous à Nasarin, bien entendu, Ali Bitchin et ses corsaires refusèrent de s’y rendre.

Cette « désobéissance » fut interprétée par le sultan comme un acte de haute trahison. Ne pouvant venir à bout du « lion des mers », il donna secrètement l’ordre à ses sbires de l’empoisonner. Selon l’opinion publique, ce fut sa servante, payée à prix d’or, qui se chargea de lui verser le terrible poison dans son café. C’est ainsi que mourut le « Lion des mers » lâchement assassiné.

Des funérailles grandioses

Un religieux chrétien, l’abbé Orse, présent à Alger, écrivit : « Son corps revêtu de riches habits, fut exposé publiquement et gardé par plusieurs compagnies de la milice des janissaires qui se relevaient. Deux bannières déployées rappelaient les victoires qu’il avait remportées sur les chrétiens » … Plus loin, le témoin ajoute : « Le cercueil fut enveloppé dans un tapis vert et l’on déposa dessus les armes dont il s’était servi pendant sa vie. Les marabouts le portèrent à son tombeau.

On le plaça, la face tournée vers la Mecque et les bannières rappelant ses exploits, portées par les chefs du diwar et de la marine, furent placées sur sa tombe. On continua pendant vingt jours à servir sa table à la grande satisfaction de quelques esclaves qui venaient chaque jour se régaler en son honneur ».

Djebanet el bachaouet (le cimetière des pachas)

Le Lion des mers fut inhumé à Djebanet el-bachaouet (le cimetière des pachas). Cette ancienne nécropole était située à la porte de Bab El-Oued. Dans ce cimetière étaient enterrées plusieurs personnalités de notre histoire. Là se trouvait le tombeau de Hassan Agha, illustre vainqueur de Charles Quint et de son armada aux portes d’Alger en 1541.

En ce lieu, se trouvait également une kouba décorée de faïences de Perse et d’Italie, sépulture du Beylerbey Salah raïs, compagnon des frères Barberousse, grand timonier du sultan Soleiman El-Kanouni dit le « Magnifique » (le conquérant de la Hongrie, de Belgrade et de Rhodes) et roi d’Alger de 1552 à 1556 il expulsa les Espagnols de Béjaïa (juin 1555) et mourut d’une terrible maladie à Tamentfoust alors qu’il s’apprêtait à une expédition contre les Espagnols occupant Oran.

Pour ne pas les énumérer tous, signalons les tombes de quelques autres roi d’Alger : Hassan Corso mort en 1557, Hassan Cheikh décédé en 1640, Daly Brahim en 1710, Ibrahim Koutschouk en 1748, Baba Ali Bou-Sbaâ en 1766 et tant d’autres.

Des attributs particuliers distinguaient chaque sépulture tandis que, en effet, les tombeaux des rois, tous décorés d’une coupole, présentaient un turban de marbre, celle des raïs d’un bâton d’enseigne et d’une pomme de mât de pavillon.

 

Article envoyé par Djalil Kezzal

  1. Découvrez la première partie de ce récit, sur Babzman : http://www.babzman.com/2015/contribution-ali-bitchin-le-lion-des-mers-partie-i-la-construction-dune-moquee/

 

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