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Charbât, cherbet شربات


ibnEl charbât, cherbet شربات désigne une « boisson rafraîchissante, qui se compose (à l’origine) de citron, de sucre, d’ambre et d’eau. »

le mot est issu du turc serbet, lui-même dérivé de l’arabe mashrubat, qui désigne les « boissons, et consommations en tous genres »; il peut encore être tiré du mot arabe sharabat signifiant doses, potions, et qui proviendrait de shariba voulant dire « boire, s’abreuver.. »

A l’origine, les premières consommations de cette « eau sucrée » étaient désignées par les mots : shurba et ‘achriba, et représentaient des jus et des extraits de fruits de concentration variable. Ces derniers furent administrés (par les musulmans), dès le moyen-âge aux malades pour soigner divers maux allant de la perte d’appétit à la fièvre. Ces sirops épais composés d’eau parfumée et de sucre réduits à faible ébullition sont allongés à l’eau chaude ou tiède avant d’être consommés par les patients.

Par ailleurs, c’est au IXe siècle que El charbât (la boisson) fut composée par les musulmans, pour compenser les interdits concernant la consommation d’alcool; et dès le XI e siècle apparaissent des « Livres des Sorbets » dans l’Espagne musulmane. On y trouve des pâtes fermentées, des confitures sèches et des poudres. Les sorbets sont désignés par différents termes, tous composés du radical sh-r-b-, signifiant boire

Les sharibat-s quant à eux sont des boissons fluides, des jus de fruits refroidis dans des jarres de terre avec de la glace ramenée de la montagne et pilée pour obtenir un effet de neige. Ils sont servis dans des coupes de verre. Nous avons donc une dichotomie sirop-chaud et sorbet-froid. D’ailleurs, le mot sherbet est enregistrée dans le dictionnaire de l’académie française en 1789 avec la définition suivante : « on donne ce nom à des liqueurs que l’on destine à être convertis en glaces », car en Europe il désigne les sorbets. Inversement, en Afrique du nord et plus précisément en Algérie, le mot désigne une boisson rafraîchissante et sucrée ressemblant plutôt à une citronnade frappé, et dont la consommation demeure très prisé pendant le mois sacré du ramadan.

Au delà de cette différence, toutes ces préparations sont réalisées avec des fleurs, des fruits, des herbes et des épices et font partie de la pharmacopée musulmane avant de gagner les livres de cuisine avec le statut de gourmandise particulièrement délectable.

 

Mira B.G

Sources : 

  1. Dictionnaire de l’académie française de 1694, et 1798
  2. Le dictionnaire des mots français d’origine arabe, S. Guermiche
  3. Boire et manger en méditerranée, P. Balta
  4. Illustration : Gravure représentant Zakariâ Râzi en train d’examiner un malade

 

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