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Cela s’est passé un 9 juillet 1967, décès de Fadhma Aït Mansour Amrouche


laMère des écrivains Jean et Taos Amrouche, elle-même écrivain et poétesse, la vie de Fadhma Amrouche est un véritable roman, sombre et tragique.

 

Fadhma Aït Mansour, originaire de Tizi Hibel, est née présumée en 1882 d’une union illégitime et en terre colonisée.

«Fadhma n’a pas de père. Sa mère l’a protégée tant qu’elle a pu contre la famille, contre le village qui la considèrent comme un être maudit», ces mots de Kateb Yacine résument un peu l’énorme fardeau qui écrase les fragiles épaules de la petite Fadhma lorsqu’elle est enfant. Elle n’apprendra que plus tard le secret qui entoure sa naissance.

Devant la rudesse et l’intolérance des villageois, sa mère la met très tôt dans un couvent de sœurs blanches, pensant ainsi qu’elle éviterait à sa fille, la vie de paria qu’elle a elle-même menée en s’opposant à certaines traditions. Mais là encore, les mauvais traitements n’épargnent pas la petite fille. Sa mère finit par la retirer.

Dans les années qui suivent 1880, la France sous le fameux slogan de Mission civilisatrice qu’elle substitue au mot agressif, colonisation, commence à ouvrir des écoles un peu partout en Kabylie ; les caïds sont sommés de parcourir les douars et de convaincre les villageois de laisser leurs filles fréquenter ces  écoles. C’est ainsi que Fadhma se retrouve en novembre 1886 dans l’Orphelinat de Taddart-Oufella. Contrairement au couvent des sœurs blanches, cet orphelinat, qui deviendra plus tard Cours Normal, dispense un enseignement laïc de qualité. Les dix ans qu’elle passe dans cet établissement lui ouvriront toutes les portes de la littérature française.

Par la suite, elle reviendra dans son village natal où sa mère espère la voir se marier et mener une vie normale. En vain.

Pour Fadhma, la mort de sa mère signe la rupture avec son village. Elle part travailler à l’hôpital des chrétiens de Ait Menguellet. L’emprise des missionnaires, en grand partie catholiques, est forte dans la région. Elles finissent par la convertir.

Elle se marie alors qu’elle est toujours chez les sœurs et est baptisée le jour même de son mariage, le 24 aout 1899. Elle reçoit plus tard le nom catholique de Marguerite.

Le jour de son mariage, Fadhma a 16 ans, son mari en a 18. Lui aussi est un kabyle convertit. Ils auront  huit enfants, dont trois mourront.

La vie au village étant intenable, au bout de quelques années, elle s’installe avec sa petite famille dans la capitale tunisienne. Elle y vivra une quarantaine d’année.

Fadhma ne supporte cet exile que grâce aux chants berbères, aux contes de ses montagnes qu’elle aime chanter et raconter à ses enfants. D’ailleurs, en 1930, elle entreprend, avec sa fille Taos et son fils Jean, l’écriture et la traduction en français de ces chants berbères, conservés jusque là par la tradition orale.

En Tunisie, la vie est loi d’être facile pour Fadhma et sa famille. En 1940, elle perd ses trois fils. A leur mémoire, elle compose cinq poèmes. Deux autres sont destinés à Taos. Les sept poèmes seront publiés 25 ans plus tard en appendice dans « Le Grain magique », un recueil de contes et de poèmes signé par sa fille.

Fadhma revient vivre dans son village en 1953, mais là encore, la vie n’a rien de paisible pour les Amrouche. Trois ans plus tard, ils sont contraints à un second exil. En France cette fois-ci. Son mari y décédera en janvier 1959.

Dans les années 60, Fadhma entreprend d’écrire la vie qu’elle a menée. Cette vie chargée de tragédies, de souffrances, mais aussi de combats et de courage. Elle meurt le 9 juillet 1967 à l’hôpital de Saint-Brice-en-Coglès en Bretagne (France), à l’âge de 85 ans.

En 1968, son autobiographie « Histoire de ma vie » est publiée à titre posthume aux éditions Maspero, en France.

Synthèse Babzman

Sources :

  1. http://ecrivainsmaghrebins.blogspot.com
  2. http://www.tizihibel.net
  3. http://www.berberes.com

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