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Cela s’est passé un 29 mars 1956, assassinat d’Ahmed Rédha Houhou


reuPère du roman algérien en langue arabe et dramaturge engagé dans le combat pour l’émancipation de sa société et la liberté de son peuple, Ahmed Reda Houhou est assassiné le 29 mars 1956.

 

Ahmed Rédha Houhou est né le 15 décembre 1910 à Sidi Okba (Biskra), dans une famille aisée de lettrés. Il va à l’école coranique à 4 ou 5 ans avant de fréquenter l’école française. Après le Certificat d’études, il entame ses études secondaires à Skikda, mais n’accède pas au lycée et s’oriente vers la vie active comme garçon de télégramme à la poste de Sidi Okba. En parallèle, il active au sein de l’association culturelle d’Al Okbi où il participe au montage de pièces théâtrales.

Il a à peine 19 ans lorsque Ahmed Rédha Houhou se marie. Et en 1934, suite à un conflit entre son père, chef de la djemâa de Sidi Okba et l’agha qui contrôle la région, toute la famille émigre et s’installe à Médine, au Hidjaz. Le jeune homme décide de reprendre ses études et s’inscrit dans un institut de sciences religieuses où il obtient les diplômes nécessaires pour y exercer les fonctions d’enseignant.

En parallèle, il commence à écrire des articles, des essais sur les littératures arabes et françaises et plusieurs nouvelles, renouvelant ainsi le genre narratif arabe. Il écrit entre autre pour la revue cairote « Rabita al Arabiyya » et pour la revue médinoise « Al Manhal » (La source) pour laquelle il assure la traduction du français à l’arabe de nombreux textes littéraires.

En Arabie saoudite, sa popularité fut telle qu’on le surnomma rapidement « le pionnier du récit en Arabie. »

En janvier 1946, alors que ces parents sont décédés et que les massacres du 8 mai sont encore frais, il rentre au pays et s’installe à Constantine. A cette époque, il contribue à la rédaction d’Al Baçaïr, la revue de l’Association des oulémas dont il fut un membre actif.

En 1947, il est directeur d’une école primaire d’éducation religieuse, lorsqu’il s’illustre en sortant le premier roman algérien en langue arabe, « Ghadda Oum Al Qora » (Nymphe, la mère des villages).

En 1949, Ahmed Rédha Houhou est censeur de l’Institut Ben Ali et participe, à Paris, au Congrès mondial pour la paix. Il profite de l’occasion pour visiter quelques pays européens, dont l’Italie et l’Union Soviétique.

Il met sur pied une troupe de théâtre et de musique, Al Mazhar El Qacentini, pour laquelle il écrit et monte de nombreuses pièces qui auront un franc succès, notamment des adaptations de grands classiques occidentales en arabe classique ou usuel.

En parallèle, il continue à écrire des articles, notamment pour l’hebdomadaire Achou’la (Le Flambeau). Sur le modèle de Tawfiq al-Hakim, il se livrait à une critique de la société algérienne, la politique, la religion et le statut de la femme.

En 1955, parait à Tunis son recueil de nouvelles « Namadidj bacharia », (prototypes humains). Il y est question de souvenirs et d’observations personnelles sur le comportement des gens dans les pays qu’il a visité.

Les spécialistes estiment que l’œuvre d’Ahmed Rédha Houhou constitue un tournant dans la littérature algérienne de langue arabe. Instruit par les enseignements de la Nahda, Rédha Houhou comprendra qu’une littérature s’échappant du réel ne pouvait être en fin de compte qu’une littérature suicidaire.

Arrêté et torturé une première fois au début de 1956 par les militaires français, pour « écrits subversifs », il le sera une seconde fois dans des circonstances très particulières.

En effet, le 29 mars 1956, « une répression sans précédent s’abat sur la ville de Constantine à la suite de l’élimination par des éléments du FLN du commissaire de la ville, un personnage connu particulièrement par une agressivité et une animosité à l’égard de la population musulmane frôlant la névrose. Les constantinois vont subir durant plusieurs jours la furie des autorités coloniales », écrit Boudjadi Allaoua dans Djoussouriat. « Rafles, arrestations, tortures et exécutions sommaires vont être le lot des habitants de la ville du rocher lors de ces longues journées noires. Ahmed Rédha Houhou, journaliste et homme de lettres très connu, se trouvait parmi les personnes arrêtées. Les forces de la répression sont allées le sortir de chez lui. Un acte prémédité. Rédha Houhou figurait en effet sur le fichier de la police coloniale pour avoir été arrêté une première fois ». l’auteur poursuit encore « Emprisonnées à El Koudia dans un premier temps, il sera transféré au camp militaire de Djebel El Wahch où sa trace sera perdue. A l’indépendance, huit corps sont découverts dans une fosse commune à Oued H’mimine, parmi lesquels on a reconnu les restes de Rédha Houhou. Son identification a été rendue possible grâce aux grosses lunettes qu’il portait de son vivant et qui lui donnaient une allure qui lui était typique. Ses cendres reposent au cimetière des martyrs d’El Khroub. »

Les récits sur les circonstances de sa mort différent selon les sources. Ahmed Rédha Houhou a été torturé à mort ou fusillé sans autre forme de procès. Jean Déjeux, dans son ouvrage « La littérature algérienne contemporaine » (Presses universitaires de France, 1975), son assassinat était l’acte de l’organisation La Main rouge qui activait à cette période dans l’Afrique du Nord et en France et qu’on soupçonne d’être tout simplement liée aux services secrets français.

Synthèse Khadija T.

Sources :

  1. « Dictionnaire encyclopédique de l’Algérie », par Achour Cheurfi. Editions ANEP, 2007
  2. « Ahmed Reda Houhou – Un grand écrivain algérien en langue arabe », par Ahmed Benzelikha, publié en avril 2011 in http://ahmedredahouhou.blogvie.com/
  3. Jean Déjeux : « La littérature algérienne contemporaine ». Presses universitaires de France, 1975
  4. « Rédha Houhou, l’autre martyr du verbe », par Boudjadi Alloula, publié en mai 2010, in http://djoussouriat.unblog.fr/ 

 

 

 

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