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Cela s’est passé un 25 février 1957 , le journal français l’humanité est censuré


humanitéLes autorités coloniales françaises empêchent la publication du journal français de gauche, « L’Humanité », à cause de sa diffusion d’images effrayantes des massacres commis en Algérie par l’armée française.

« La seule solution nous ne cessons de le répéter , c’est de faire droit aux légitimes revendications à la liberté des peuples tunisien, marocain, algérien », Léon Feix, dirigeant communiste, déclaration du 3 novembre 1954

Une loi française fut votée le 3 avril 1955. Elle décrète l’état d’urgence, et rétablit la censure. « Les principes démocratiques s’effacent devant l’impérialisme colonial ». Les journaux engagés, Libération, France Observateur, Le Canard enchaîné, L’Express, Témoignage chrétien, sont particulièrement visés. L’Humanité se trouve alors en première ligne.

Les positions du quotidien l’humanité sont clairs, et se font dénonciatrices du  colonialisme, la répression, la torture, les spoliations dès les début de la guerre d’Algérie.  Ses journalistes couvrent les insurrections en Algérie et qualifient les événements à juste titre,  alors que personne ne parle encore de guerre. Dès lors, les communistes français sont alors accusés de traîtrise.

Parfois, certaines parties ou colonnes du journal restaient en blanc pour signifier que des informations avaient été censurées. « Le recours aux ‘blancs’, fut donc tout à la fois, un moyen d’éviter les saisies, financièrement coûteuses, et une façon de matérialiser le bâillon, de rendre la censure plus ‘visible’ aux yeux des lecteurs et de l’opinion publique » Rosa Moussaoui.

L’emballement de cette censure frénétique a sans doute provoqué des effets contraires à ceux recherchés. Les interdictions de publication de la lettre d’Henri Alleg, ancien directeur d’Alger Républicain, emprisonné et torturé, ou encore d’informations sur l’affaire Audin, jeune assistant de mathématiques « disparu » à Alger…Ont sans doute contribué à amplifier l’émotion et la prise de conscience de l’opinion publique.

Durant la guerre d’Algérie, L’Humanité est saisi à 27 reprises et fait l’objet de 150 poursuites dont 49 pour « provocation de militaires à la désobéissance », 24 pour « diffamation envers l’armée », et 14 pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

 

Mira. B-G

Sources :

  1. L’Humanité censuré, 1954-1962, un quotidien dans la guerre d’Algérie, par Rosa Moussaoui et Alain Ruscio
  2. Illustration : Une du quotidien l’humanité du 9 février 1962
  3. Peggy Derder, préface de l’humanité censuré

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