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Cela s’est passé un 15 juillet 1988, décès de Mohamed Temmam


mohamed_temmamPeu connu, il est pourtant l’une des figures de proue de la miniature algérienne. Mohamed Temmam maitrisait aussi bien les modes d’expression traditionnels que la peinture de chevalet. Il était également un bon violoniste rattaché à l’école classique andalouse

 

Temmam a fait deux écoles, celle de l’ornementation des arts traditionnels du Vieil Alger avec Racim et paysagiste de Matisse, en France.

Né le 23 février 1915 à la Casbah d’Alger, dans le quartier de Sidi Mohamed Chérif, à huit ans déjà, Mohamed Temmam dessine le quotidien familial dans la maison natale, à Bir Djebbah, Impasse Annibal, N°4. Il a très peu connu son père, décédé au Maroc où il exploitait un négoce. Il sera élevé, lui son frère et sa sœur, par son oncle paternel.

Il fait l’école communale Mohamed Fateh entre 1922 et 1928 et après le certificat d’études, il fréquente les cours de céramique qu’Emile Soupireau donne à l’école d’Art de la rue des Consul. Jusqu’en 1936, Temmam s’initie aux Arts traditionnels, dits indigènes, auprès des frères Racim, à l’Ecole des Beaux-arts d’Alger.

Remarqué par son talent, il obtient en 1936 une bourse à I’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, en France. Il passera trente années de sa vie dans ce pays où il rencontre la chanteuse Bahia Farah, celle qui deviendra sa compagne pour la vie.

Dans la capitale française, Temmam travaille à la Manufacture de Sèvres à l’ornementation des pièces délicates des services officiels, en compagnie de Mahieddine Boutaleb. En parallèle, il fréquente les musiciens maghrébins avec lesquels il joue régulièrement.

Il monte sa première exposition personnelle en 1937, à Alger, alors qu’il est de passage, et en 1944, participe à une exposition d’enlumineurs et miniaturistes algériens. Entre les deux, de 1939 à 1943, il est prisonnier de guerre.

En 1946, grâce à Mohamed Racim, Temmam participe à des expositions en Scandinavie. Et jusqu’en 1957, ses œuvres figurent régulièrement aux différentes éditions du Salon des Sur indépendants et du Salon des peintres maghrébins. A cette période c’est aussi la Guerre de libération nationale. L’artiste, à travers ses œuvres, tente d’illustrer la personnalité algérienne et contribue directement à la lutte auprès des militants de la cause nationale.

De retour en Algérie en 1963, il occupe la fonction de conservateur du Musée des Antiquités, situé dans le Parc de la Liberté. Il restera à ce poste jusqu’à sa mort.

En 1964, il organise à la Salle lbn Khaldoun la première exposition des arts musulmans. En parallèle, il est l’un des membres fondateurs de l’Union nationale des arts plastiques (UNAP) et enseigne quelques années à l’Ecole Nationale des Beaux-arts.

Après le décès de Bahia Farah en 1984, Temmam se retire de l’actualité culturelle, mais continue à produire des œuvres.

Il décède le 15 juillet 1988, à Bologhine et est enterré au cimetière El-Kettar auprès de sa famille.

Entre 1963 et 1980, Temmam a réalisé de nombreux timbres, dont la thématique est le plus souvent puisée dans le patrimoine architectural et culturel de l’Algérie.

Peintre de nature morte, de genre, paysagiste, portraitiste, enlumineur, ornementaliste, Temmam l’ambivalent, a été à cheval entre un art métaphysique, telle que l’enluminure, et un art sensible, comme la peinture de chevalet. Pétri de cultures classiques et traditionnelles, il souhaitait réaliser la synthèse ou le compromis de deux civilisations : l’arabo-musulmane et l’occidentale.

Temmam laissera derrière lui un patrimoine considérable fait de tableaux, de maquettes de billets de banque et de timbre-poste.

En 2002 deux timbres ont été émis par la Poste Algérienne, reproduisant l’une de ses miniatures et son portrait, en hommage à ce grand artiste et à sa contribution à la création de timbres. Et en 2007 une exposition de 80 de ses œuvres, est présentée au Musée des beaux-arts d’Alger, sous le titre « Le message du ramier ».

Synthèse K.T.

Sources :

  1. Mansour Abrous : « Les artistes algériens, Dictionnaire biographique, 1917-1999 », Alger, Casbah éditions, 2002
  2. http://www.algeriephilatelie.net

 

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