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Cela s’est passé un 11 novembre 1916, la révolte des Aurès


auresDans la nuit du 11 au 12 novembre 1916, un groupe de villageois se révolte et prend les armes, tuant l’administrateur et blessant le sous-préfet de Batna. C’est le début de la révolte des Aurès, qui durera 5 mois.

 « Des groupes armés se constituèrent, la révolte gagna le Belezma et les Aurès : 1000 à 1500 algériens du douar Aouf attaquent Aïn Touta, on signale des embuscades à Barika, des communications coupées entre N’gaous et Barika… Des insurgés tiennent les hauteurs, le djebel Bosdan, le djebel Mestaoua, le massif de Belezma. De nombreux villages furent attaqués. Les français se virent obligés de demander des renforts, de retirer du front une brigade, de faire venir des avions de Tunisie.

Ils disposaient, en janvier 1917, de près de 14 000 hommes. Ils multiplièrent les colonnes, les ratissages. La répression dut sauvage : villages brûlés, enfumades, tortures razzias, arrestations de près de 3000 personnes, 805 condamnés… Malgré la violence de cette répression, les Chaouias restèrent hostiles à la conscription », écrit Mahfoud Kaddache.

Les causes de cette insurrection sont nombreuses. D’abord le contexte : la dégradation des conditions sociales, politiques et économiques ont mené les algériens vers la famine, les épidémies et la misère, notamment à cause des lois scélérates du Code de l’indigénat.

Les populations de Aïn Touta, Merouana et Sériana, dans les Aurès, avaient subis la mise sous séquestre de leurs terres qui allaient servir pour l’établissement de centres d’implantation pour les émigrés européens et pour la création de communes mixtes, dont la commune de Belezma en 1904. Des troubles ont eu lieu dans la région, amenant la cour d’assise de Batna à prononcer des peines de prison à l’encontre des accusés. Ainsi, la colère des Chaouias commençait à devenir palpable. Il suffisait d’une étincelle pour que l’incendie éclate. Et cet incendie viendra après la promulgation de la loi sur la conscription obligatoire en 1912. Dès 1916, les pères de familles s’opposèrent systématiquement au recrutement de leurs enfants.

Ce soulèvement semble marquer un nouveau tournant dans la conscience des algériens face au système colonial. Pour Gilbert Meynier, ces résistances, dont celles contre la conscription, « marquent une phase nouvelle de la lutte des hommes contre le système colonial », notamment en le bravant.

Abdelhamid Zouzou, pour sa part écrit : « Contrairement aux insurrections précédentes, la révolte de 1916 n’avait pas paris le caractère d’une guerre sainte, elle eut plutôt celui d’une « boublique », déformation du mot « République », mais qui signifiait pour les populations, depuis 1871, « Révolution » ; c’est-à-dire changement dans les attitudes et passage de la soumission au soulèvement et à la désobéissance ».

Z.M.

Sources :

  1. Mahfoud Kaddache : « L’Algérie des Algériens, de la préhistoire à 1954 ». Algérie/France,  Paris Méditerranée/ Edif 2000. 2003
  2. Abdelhamid Zouzou : «L’Aurès au temps de la France coloniale. Evolution politique, économique et sociale (1837-1939)». Alger, Ed. Houma, 2001
  3. Charles-Rober Ageron : «Les troubles insurrectionnels du sud Constantinois Novembre 1916. – Janvier 1917» in «L’Algérie Algérienne de Napoléon III a de Gaulle». Paris, 1980
  4. Gilbert Meynier : «L’Algérie révélée», Genève-Paris, Lib. Droz, 1981
  5. www.djazair50.dz

 

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