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UNE DES PREMIÈRES DESCRIPTIONS FRANÇAISES SUR LES OUZELLAGUEN, 1833-1846


ouzVoici une des premières descriptions publiées évoquant la tribu des Ouzellaguen, en Kabylie. Elle date de 1846 et a pour auteur un colon français anonyme. Il connaît bien le pays car il est établi à Bougie depuis l’occupation de la ville aux premiers jours d’octobre 1833. Son long séjour lui a permis d’amasser des renseignements précieux sur la région. L’homme s’intéresse particulièrement aux questions économiques et commerciales.

Sa description est assez juste et correspond pour beaucoup à la réalité. L’agriculture vivrière, faite de céréaliculture et d’arboriculture, est la principale activité économique. L’importance des sources permet l’irrigation des jardins. Il existe en particulier une source abondante et exceptionnelle, appelée Talghoumt. La production est destinée à la consommation locale et ne permet guère le commerce. Les Ouzellaguen sont obligés d’importer ce qui leur manque. L’apiculture est une activité d’appoint importante, signalée également par d’autres sources. L’élevage caprin est un autre pilier de l’économie locale. La faiblesse des pâturages ne permet pas le développement de l’élevage bovin, qui se résume à quelques têtes de bétail.

La puissance militaire de la tribu repose sur un effectif de 500 hommes, capables de prendre les armes. L’effectif est corroboré par d’autres estimations assez solides, si on écarte celles qui sont fantaisistes.

Ichelladen (Chellata) est ici référencé comme une tribu, ce qui n’est pas le cas. Le territoire s’intègre en réalité dans la tribu des Illoulen ou-Sameur. Mais, son autonomisation est l’indice de son importance au sein de la tribu, ce qui fait allusion à l’existence du village du même nom et surtout de la zaouïa et de la famille chérifienne des Beni Ali Chérif. L’auteur oublie de signaler l’existence du gros village d’Ighil gou-Msed.

 

« TRIBUS D’AOUZÉLLAGUEN ET DE CHELLATA.

 

La tribu d’Aouzélaguén est située au pied de la montagne de Béni-Iggér, qui est une des plus élevées de la chaîne du Jurjura ; le territoire de cette tribu s’étend jusqu’au bord de la Souman.

Elle produit du blé, de l’orge et des fruits pour sa consommation. Elle a beaucoup de chèvres, peu de grands bestiaux, et quelques ruches à miel.

Les sources sont très nombreuses et très-abondantes dans cette tribu ; elle cultive de beaux jardins bien arrosés, sur lesquels elle fait de belles récoltes de toute espèce. C’est ce qui constitue sa principale richesse.

Elle peut mettre sous les armes cinq cents fantassins.

Entre cette tribu et celle d’Illoûla se trouve la tribu de Chélâtta, dont le territoire a peu d’étendue ; mais il est très-riche en céréales, huile d’olive, fruits de toute espèce et jardinage. Elle a quelques ruches à miel. Son pâturage est abondant et elle nourrit de beaux troupeaux.

Cette tribu peut mettre sous les armes cent cinquante fantassins. »

 

ANONYME (un colon de Bougie), La Kabylie. Recherches et observations sur cette riche contrée de l’Algérie. Par un colon établi à Bougie depuis les premiers jours d’octobre 1833, Paris, Masitrasse et Wiart, juillet 1846, p. 27.

Sources :

http://histoiredelalgerie.over-blog.com

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