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Thérapie par la musique, les cérémonies thérapeutiques chez les touaregs, Partie 2


Pratiquée en Algérie depuis des temps très anciens sous différentes formes, les plus anciennes expressions de l’utilisation thérapeutique de la musique se situeraient dans le grand sud où la thérapie se rapporte beaucoup plus à une cérémonie généralement collective d’exorcisme résultant des croyances populaires qui incluent l’existence dans le désert d’esprits malveillants qui font que l’homme frappé par ces esprits des grands espaces se retirent peu à peu de la communauté.

Ce malaise qui coupe la communication entre les membres de la communauté et met à mal la cohésion de cette dernière qui reste très importante, vu que les communautés du grand sud se basent sur l’entraide, nécessite des cérémonies musicales autour du Tindé, ou de l’Imzad.

La fabrication de cet instrument (Imzad), vielle monocorde dont le jeu et la fabrication reviennent uniquement aux femmes, transmise de mère en fille depuis des temps anciens, témoigne de l’apparition de l’instrument et donc de la pratique de la musique à une période avancée de la préhistoire ou à la protohistoire puisque la corde et l’archet de l’instrument sont fait de crin de cheval.

Le rôle de la femme reste central dans cette société touarègue à tradition matrilinéaire car les femmes officient toujours ce genre de cérémonies en tant que musicienne, poétesse ou maitresse de cérémonie choisissant avec soin les rythmes et poèmes qui peuvent faire du bien à la communauté et faire oublier leurs maux aux malades avec une mélodie des plus envoutante à l’imzad ou un poème rythmé par une boucle répétitive qui porte à la transe.

Souvent la cérémonie de Tindi se déroule dans un cercle familial très restreint où le tambour- mortier est joué pour les génies dans des cas de possession féminine. Le rituel est organisé pour une femme qu’on soupçonne être touchée par des esprits et qui présente les signes d’une dépression, le plus souvent postnatale (fragilité psychique après un accouchement). Ce rituel concerne souvent les problèmes féminins liés à la sexualité et à la maternité.

Même si l’évolution de l’environnement des touaregs a également influencé ce genre de pratiques, des cérémonies se tiennent encore dans l’Ahaggar dans un cercle des plus restreint. Cette évolution a également favorisé la démocratisation de l’instrument, du genre musical et de la poésie qui est aujourd’hui souvent chanté dans des styles musicaux différents et beaucoup plus moderne incluant des guitares électriques et autres instruments contemporains.

Des études de référence dans le domaine anthropologiques font également état de l’importance de ce genre de cérémonies thérapeutiques chez les touaregs du Niger où elle concernait également jusqu’à très récemment les hommes, alors que dans l’Ahaggar les hommes possédés ou dépressif sont généralement envoyés chez des marabouts…

Mohamed Rafik

Source : «La musique traditionnelle face à la maladie et à la possession chez les Touaregs de l’Ahaggar » (Sud de l’Algérie), article de Faiza Seddik-Arkam, ethnologue.

Retrouvez la partie 1 : Thérapie par la musique, une pratique ancestrale en Algérie Partie I : http://www.babzman.com/2015/therapie-par-la-musique-une-pratique-ancestrale-en-algerie-partie-i/

 

 

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