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Tezrou, il était une fois, un carnaval à Timimoun, suite et fin


pTezrou, une manifestation qui contribue à l’éducation sociale et à l’essor économique.

Le carnaval Tezrou, de la légende à la réalité

L’adage local dit : « l’homme seul ne peut enrichir ses pairs, or, les pairs peuvent enrichir un seul homme »; le carnaval de Tezrou provoquait un engouement certain, en témoigne la forte demande  pour les instruments de musique et de percussion, ce qui constitue une véritable aubaine  pour les artisans et fabricants d’instruments. Les stars du festival sont sans conteste, l’Aguelal, un tambourin en peau de bête et à son grave, et son homologue le tabgual : tambourin à son aiguë. Les artisans se trouvent ainsi parés et leurs revenus assurés pour l’année, en attendant le carnaval prochain.

Les rixes et querelles vécues pendant l’année précédent l’événement, sont exposées et mises en scène durant le festival. J’avais précisé dans la première partie, que le nom du carnaval, Tezrou, dont le mot signifiait « elle a vu » était lié à une histoire légendaire symbolisant le « témoin qui s’est tu »; les mises en scènes du festival font donc vivre  le message véhiculé par la légende, et donnent prétexte à une agitation organisée, servant à extérioriser les non-dits.

Ainsi, au cours du festival, un cortège à la tête duquel se placent les hommes âgés, est mis en place pour veiller, drainer et contenir la foule, viennent ensuite les jeunes garçons, et en derniers  les femmes et les enfants. Pamphlétaires et satiriques, les slogans acclamés par la foule, font presque office de plaidoirie. « Les acteurs » sont aux grès des représentations,  alternativement victime et bourreau… Puis, à la fin de la journée les esprits s’apaisent et la vie suit son cours, lente et nonchalante.

La fin d’un mythe

La juxtaposition du sacré et du profane, est une pratique courante dans l’espace oasien, elle témoigne d’un islam de tolérance et de l’élan soufi  qui ne nie pas les composantes éparses de la mémoire collective. Cependant, il est vrai que les pratiques animistes, sont assimilées à des habitudes païennes, et de ce fait, se heurtent à la critique acerbe des agents religieux les plus orthodoxes.

M. Akacem Bachir ancien instituteur, actuellement guide du Gourara ; était âgé 14 ans en 1962, et se souvient avec nostalgie de ce carnaval magique, dont le maintien dans une Algérie post-coloniale était devenu difficile, et sujet à controverses.

Ça serait probablement M. Temam Djelloul , ohafed du FLN de Timimoun dans les années soixante, qui mit fin officiellement à ce qui aurait put être LE carnaval de Timimoun.

 

Retrouvez la première partie sur babzman :

http://www.babzman.com/2014/tezrouil-etait-une-fois-un-carnaval-a-timimoun-premiere-partie/

 

Leila A.

  1.  Mes remerciements vont à M. Kada Fardjouli et à M.Bachir Akacem pour leurs témoignages et la pertinence de leurs analyses.
  2.  Autre source : le dictionnaire berbère d’Ounissi Mohamed Salah
  3. Illustration : huile sur toile, palmeraie à Laghouat/Algérie, par A. Filah

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