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Quand L’Espagne tentait de contrôler le pays…


penonFin XVe, début du XVIe siècle, l’Espagne, dont le but est d’affirmer sa puissance veut se constituer un Empire. Elle poursuit la guerre contre les Musulmans. Les Espagnols et les Portugais, qui ont mené à bien leur longue « reconquista » en profitant des discordes entre Musulmans, veulent poursuivre ceux-ci jusque sur la terre d’Afrique.

La possession des ports les aide dans leurs entreprises transatlantiques, et ils souhaitent assurer leurs arrières en lançant des expéditions contre les côtes algériennes.
Des villes côtières jadis commerçantes et prospères furent rasées par les Espagnols sous prétexte qu’elles pratiquaient la course. C’est le cas de Honaine que le géographe Luis del Marmol semble appeler « One », mais aussi Rachgoune. Cette dernière pourrait être la mystérieuse « Haresgold ». Haresgold était un port qui a prospéré au Moyen-Age et s’appelait autrefois Siga Colona.
En 1505, l’Espagne s’empare de Mers-el-Kébir. Les Espagnols chassent tous les habitants maures de la ville. Mais la riposte des Musulmans ne tarda pas, ceux-ci redoublèrent leurs attaques sur les côtes espagnoles. Une de leurs cibles fut la ville d’Almeria, qui pour se protéger dû construire des forts et fortifications encore visibles aujourd’hui…

En 1509, Oran tombe à son tour aux mains des Espagnols. 4.000 personnes furent massacrées et 8.000 prisonniers envoyés aux galères (voir Chatal de La Vaironne : Oran et Tlemcen dans la première moitié du XVIe siècle).
En 1510, c’est la prise de Béjaïa. 4.100 Algériens trouvèrent la mort en défendant âprement la ville abandonnée par leur roi Abd-er-Rahhmane… La domination espagnole à Béjaïa sera particulièrement dure et à la limite du supportable…
En 1511, les villes de Ténès, Mostaghanem, Cherchell et Dellys furent à leur tour envahies ou durent se rendre et se soumettre.
Toutes ces villes sont situées sur le littoral d’Ouest en Est, en partant d’Oran. Les Espagnols ne visent pour le moment que les villes faciles à atteindre, car à l’intérieur du pays ils savent que cela sera beaucoup plus difficile, et surtout plus coûteux en hommes et en matériel… Ils profitent également de l’affaiblissement du pays, dû à un état de total désunion qui régnait alors entre les différentes villes et régions de l’Algérie…

Alger avait signé un traité avec les Espagnols dans lequel elle s’était engagée à faire cesser à ses corsaires leurs razzias sur les côtes espagnoles. Elle leur cédait l’îlot qui lui fait face et sur lequel les Espagnols vont faire édifier une forteresse appelée « Peñon de Argel ». Le traité fut signé par Salim El-Toumi qui selon Gramaye avait fait le déplacement en Espagne, à Burgos plus exactement, pour aller y rencontrer le roi Ferdinand d’Aragon en personne. En fait, ceci lui avait été imposé par le vainqueur de Béjaïa…
En effet, le 31 janvier 1510, Salim El-Toumi, cheik du Conseil, va à Béjaïa se soumettre à Pedro Navarro, le capitaine espagnol qui vient de prendre l’ancienne capitale hammadide. Il lui impose la construction d’une citadelle ou sera postée en permanence une réserve de plusieurs centaines de soldats espagnols sur les îlots qui font face à la ville : le fameux Peñon. De plus le chef d’Alger devra aller en personne faire sa soumission au roi d’Espagne à Burgos, accompagné de Moulay Ben Abdallah, chef de Ténès qui subit la même loi. Sélim part pour l’Espagne muni de riches présents et de 130 esclaves chrétiens dont ils avaient brisés les chaînes. 

Le Peñon fut construit moins de deux années plus tard, et sa principale mission était de tenir en respect les habitants de la ville et empêcher que le port ne serve de refuge aux corsaires. Les Espagnols surveillaient les moindres faits et gestes des corsaires algérois ; au moindre mouvement ils bombardaient la ville.
Cette situation oppressante était difficilement supportable pour les habitants d’Alger. D’autant plus que les Espagnols ne devaient pas manquer de les gêner, voire de les importuner sérieusement au quotidien, leur souhait le plus fort était de se débarrasser de l’occupant espagnol. 

Si certains hésitaient au début, la cohabitation ne due pas être du goût des Algériens, car en 1515, comme nous le rapporte Hassan El Wazan (surnommé Léon l’Africain), ils envoyèrent une ambassade en Espagne pour proposer une trêve moyennant un certain tribut que le roi leur concéda.
A cette époque, les exploits des frères Barberousse sur les mers commençaient à être connus. Aroudj perdra un bras à Béjaïa en combattant les Espagnols qui en étaient les maîtres. Alger, harcelée par les Espagnols, pense à faire appel à eux pour déloger l’ennemi. La puissance de l’Espagne sur les côtes du Nord de l’Afrique va se confirmer jusqu’à l’échec de Charles Quint en 1541 dans sa tentative de la prise d’Alger. N’oublions pas qu’en 1535, Charles Quint s’empara de La Goulette et fait passer sous son protectorat les Hafsides de Tunis…

 

Kamel Boussaboua, Les amis de Skikda

Illustration : Le Peñón de Argel (rocher d’Alger), forteresse espagnole prise par Barberousse en 1529 (xvie siècle)

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