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Peu d’ouvrages d’histoire pour restituer le 1er novembre 1954 dans toute sa dimension


Selon des historiens réunis au Sila, peu d’ouvrages d’histoire pour restituer le 1er novembre 1954 dans toute sa dimension.

Les ouvrages d’Histoire sur l’insurrection armée du 1er novembre 1954 sont à ce jour quasiment «inexistants», à l’exception d’un seul livre édité dans les années 1980, affirment des historiens réunis au 19e Salon international du livre d’Alger (Sila). Le seul livre, La guerre commence en Algérie, consacré à cet évènement dans toute sa dimension, a été publié en 1984 par l’historien et ancien responsable politique algérien Mohamed Harbi, ont rappelé ces historiens qui regrettent que l’ensemble du processus lié au début de l’insurrection, en soit «ainsi tronqué».

Ces historiens participaient à une rencontre internationale sur l’histoire de la guerre de Libération nationale tenue au Sila à l’occasion de la commémoration du 60e anniversaire du 1er Novembre.
Ce «déficit» dans l’écriture de l’histoire se trouve accentué par le «manque de sources» (témoignages écrits des acteurs, archives…), le tout empêchant les historiens de fournir un éclairage sur le processus du déclenchement de l’insurrection et sur les auteurs des première opérations armées contre l’occupant français.

Présentant une communication intitulée «Préparatifs et mise en œuvre» (de l’insurrection), l’universitaire français Omar Carlier s’est interrogé sur la manière de «penser le 1er Novembre» devant la quasi-absence de «documents produits», à l’exception notable d’un document écrit en 1975 par Mohamed Boudiaf (un des membres du groupe des 22). Pour M. Carlier, la «conjoncture» (crises du mouvement national, Deuxième Guerre mondiale, massacres du 8 Mai 1945, etc.) ne suffit pas pour expliquer le «timing» fixé par les militants de l’indépendance qui ont choisi la voie de la lutte armée contre le colonialisme français. De son côté, l’historienne algérienne Ouanassa Siari-Tangour a relevé les «limites» des comptes rendus de presse pour éclairer tous les évènements qui ont entouré les opérations armées dans la région des Aurès en novembre 1954 ainsi que leurs auteurs.
Les articles de presse sur ces évènements, estime l’historienne, «réduisent la signification réelle» de ce qui s’est passé dans cette région, se contentant, rappelle-t-elle, d’«énumérer» les différents attentats sans l’éclairage «nécessaire» sur leurs auteurs et «les processus politiques» qui ont mené à ces opérations.

Relevant que «même l’historiographie officielle algérienne avait occulté la longue gestation du mouvement national» qui a conduit à l’embrasement général dans cette région montagneuse, l’universitaire s’est attachée à démontrer par des exemples (inscriptions sur les murs, lacération du drapeau français,…) l’«ancrage, dès les années 1940», des idées indépendantistes «au sein de la population». La chercheuse a, par ailleurs, évoqué l’identité des «quelque 350 hommes» qui ont mené les premières opérations dans les Aurès début novembre 1954, en confrontant des sources du renseignement français et le travail de recensement effectué par une association culturelle de Batna. Ce travail, permettant de «donner un visage humain» à l’histoire et basé à la fois sur les sources françaises et sur «la mémoire» (témoignages), reste «insuffisant» de l’avis d’historiens qui plaident pour un meilleur accès aux archives algériennes, notamment ceux concernant l’organisation interne des six wilayas (six en Algérie et la Fédération de France du FLN).

Outre le retentissement de la révolution algérienne dans le monde, d’autres interventions se sont penchées sur les violences militaires de l’occupant durant la guerre de Libération nationale ou sur d’autres épisodes sanglants comme les massacres du 17 octobre 1961 à Paris. D’autres rencontres sur la révolution de Novembre sont prévues au 19e Sila qui coïncide cette année avec la commémoration du 60e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale.

 

Source : Le Soir d’Algérie

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