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Information historique et socioculturelle sur l'Algérie

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Oran, une colonie espagnole – Suite et Fin –


7935e999Près de trois siècles durant, entre 1509 et 1792, l’occupation espagnole demeure confrontée aux assauts incessants de la résistance locale de l’Oraniemais aussi ceux d’une nouvelle force étrangère en présence : la Régence d’Alger de l’empire ottoman, dès 1554. Le tremblement de terre, dans la nuit du 08 au 09 octobre 1790, ravage la ville, ce qui a précipité la fin de la domination.  

 

 

Les Espagnols s’installent dans la ville d’Oran, sous le commandement du marin Pedro Navarro (1509), puis sous la direction du premier gouverneur Don Diego, le marquis de ComarezDès le début de leur colonisation, dont les prémices sont dans la prise de Mers El Kébir (Portus-Magnus en espagnol), quatre ans auparavant, ils doivent résoudre une grande problématique. Celle de la sécurisation de leur présence. Les troupes militaires espagnoles ne peuvent pas s’introduire à l’intérieur des terres de la région oranaise, sans appréhender une résistance locale continue. De là, à s’y maintenir et à asseoir une administration permanente se révèle impossible. Elles sont cantonnées généralement derrière les murs de constructions érigées au profit de l’armée : les forts.

 

Transformation urbaine 

Celui de Lamoune (los monos, datant de 1518) couvre la ville au nord, mais l’ouvrage deTrois grandes tours, circonscrites dans le Château-Neuf (Rosalcazarle plus vaste de l’Oran espagnol), semble le plus important pour la défense, à l’est. Bien sûr, le fort de Mers El Kébir ne l’est pas moins. Il représente un emplacement stratégique pour recevoir le renfort militaire, des ressources nécessaires (armement et munitions, denrées alimentaires), une voie de communication directe avec le port de Carthagène (sud-est de l’Espagne). Il est accessible par une route des plus gardées, à partir de la Porte du Santon (rattachée en 1754 à une fortification extérieure dite la Barrera) où est entamé le chemin de Santa-Cruz (l’autre lieu où le fort du même nom surplombe à l’est la ville, et à l’ouest, la baie de Mers El Kébir)Autant d’édifices qui indiquent la transformation de la ville. Ils renseignent aussi sur la difficulté de l’envahisseur à imposer sa domination. Oran acquiert progressivement une architecture urbaine de conception médiévale, mais ses divers bastions militaires maintiennent tant bien que mal l’occupation.  

  

Une libération de courte durée  

A force de persévérer, l’autorité ottomane, représentée à Mascara par le Bey Mustapha Ben Youssef dit Bou Chelagham (1701-1792) enregistre la première libération d’Oran. En 1708, ce dernier s’empare en nouveau conquérant de la ville. Devenu son gouverneur, il installe sa nouvelle résidence dans la Casbah où se trouve notamment le Vieux châteauIl est le garant du confort d’une paix, mais c’est sans compter sur la détermination des Espagnols à revenir en force. En 1732, une flotte de cinquante-un bâtiments de guerre et cinq cents navires part d’Alicante, le 15 juin. Elle transportvingt-huit mille hommes, dont trois mille cavaliers, sous le commandement du comte-duc de Montemar, assisté des généraux don Alexandre de la Motte et don Jose, duc de Cansano. Une expédition de quinze jours jusqu’au cap Falcon à l’est, avant une bataille décisive à Aïn El Turk. Cette force dénote la résolution du royaume espagnol à briser la suprématie de l’occupation ottomane dans l’Oranie, mais aussi en Afrique du nord. Oran retombe sous le joug espagnol. Encore faudrait-il que cette nouvelle implantation soit plus sûre que la fois précédente 

 

Les négociations 

Dès lors que le séisme d’octobre 1790 génère de lourdes conséquences dans la ville, la situation financière du royaume espagnol est mise à mal. Les dépenses deviennent très onéreuses. Car, il y a, dcôté européensa place à défendre face aux concurrents coloniaux (France, Angleterre, Hollande)et de l’autre, l’expansion en Afrique du nord. Le roi Charles IV d’Espagne se retrouve ainsi dans l’obligation de négocier avec le gouvernorat de la Régence d’Alger. D’abord, un traité de paix en neuf points est établi entre les deux parties, le 12 septembre 1791. Les hostilités doivent cesser et il y est notamment question de récupérer le port de Mers El Kebir. Quant à son accès, « il serait permis aux commerçants espagnols, à l’exclusion de ceux des autres nations », rapporte l’auteur Henri-Léon FeyUn accord final sera ensuite conclu, le 06 mars 1792La ville est alors confiée par le dey Hassan à Alger au bey Mohamed El KébirElle redevient capitale ottomane de l’ouest algérien, jusqu’à l’arrivée des premières troupes françaises, à Mers El Kébir. Une nouvelle ère coloniale commence pour Oran, dès janvier 1831 après sa prise effective par l’armée française. Elle reste, aujourd’hui encore, très marquée par son histoire espagnole, notamment la langue que bon nombre d’Oranais parlent toujours.   

 

Mohamed Redouane    

 

Bibliographie: 

  1. Histoire d’Oran avantpendant et après la domination espagnole par Henri-Léon Fey. Edition d’Adolphe Perrier, 1858, France.  
  2. Documents inédits sur l’histoire de l’occupation espagnole en Afrique/1506-1574. Edition de A. Jourdan, Alger 1875.   
  3. Site oran-dz.com
  4. Illustration: La prise d’Oran par Pédro Navarro                                                                                                                               http://oranbel-air.over-blog.com/article-l-algerie-et-son-passe-espagnol-oranie-97164402.html

 

 

 

 

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