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Mohamed et Abderrezak Fakhardji, deux géants de la musique classique algérienne.


Mohamed FakhardjiC’est à zenqet Bouakacha, la rue de la Grenade, qu’est né Mohamed Fakhardji, le 1er Janvier 1869. Abderrahmane Fakhardji, son père, aussi fervent de la musique classique, décède en 1915.

Dès son jeune âge, il fréquenta l’école coranique, à la rue Porte Neuve, à la Casbah, tout en prêtant occasionnellement assistance à son père qui tenait une sorte de librairie et un commerce de chachias, genre tunisien, près du marché de la Lyre, à Alger. Accompagné de son père, il ne manquait pas de se rendre à la mosquée de Sidi Abderrahmane Thaâalibi pour assister aux « Hadra »hebdomadaires, animées, à l’époque, par des « mdih » à la gloire du prophète.

En 1917, soit, deux ans après le décès de son père, Sid ahmed, l’aîné des quatre frères, avait acheté un magazin de tissus, un local qui appartenait à un autre musicien de talent : Mouzinou. Le local se situait près de Souikia, à la basse Casbah. C’est à partir de là que Mohamed commença à s’intéresser de plus en plus à lamusique andalouse avec l’aide précieuse de Mouzinou, qui, lui-même, fut un brillant élève de Mohamed Sfindja, artiste très réputé en son temps. Un peu plus tard, Fakhardji se plaça sous la direction du talentueux Chikh Saïdi, violoniste et virtuose de la quitra).

Plus tard, en 1929, Mohamed et Abderrezak Fakhardji adhèrent à la nouvelle société de musique algérienne : Al Andaloucia dont le siège se trouvait à la rue du Divan et qui était composée particulièrement de Rouimi, Zmirou, El Djam, Bouchara, etc.

Après une année de travail en commun dans ladite société, les frères Fakhardji optèrent pour une autre association « El Djazaïria » où fiuraient les cheikh Benteffahi, et MAhieddine Lakehal, dont le siège social, la Nadi Taraki, se trouvait à la place du gouvernement. Cet orchestre comprenait également Ahmed Chitane et Mohamed Bncharif.

Au sein de la société El Djazaïria, Fakhardji se retrouve professeur et trésorier. Certains des membres de celle-ci, durent se séparer pour fonder El Mocilia en 1932 à 1933, dans la rue Médée, à La Casbah. Ce pendant, les frères Fakhardji demeurèrent fidèles à El Djaezaïria jusqu’en 1935, date à laquelle ils fondèrent, avec Bouteffahi, une association, à leur tour, « La Société Gharnata », installée à la rue de la Marine. Un des plus vieux quartiers de la Basse Casbah. Les deux sociétés, El Djazaïria et El Gharnatia entrent en fusion en 1936/1937  et devinrent un simple membre.

Entre 1933 et 1939, Mohamed Fakhardji faisait partie également d’un orchestre classique, avec son frère Abderrezak et Benteffaji. Un orchestre qui animait les cérémonies de mariages, fiançailles circoncision  … etc.

Après la seconde guerre mondiale, Fakhardji ne faisait plus partie d’aucune société de musique. Il se consacra corps et âme, comme cheikh el hadra, après le décès de Mohamed Lakehal, à la mosquée de Sidi Abderrahmane, aux chants strictement religieux.

En 1946, il est promu professeur de chant classique à la Radio d’Alger, et au Conservatoire, installé à la place du 1er mai (ex champ de manoeuvres), il s’occupait des nouveaux locaux à la mairie, près de la place du gouvernement, l’actuelle place des Martyrs. une distinction qui marque les hautes qualités de Mohamed Fakhardji. Deux autres algériens étaient titulaires de la même distinction : Hadj Mohamed El Anka pour le chant populaire et Mustapha Skandrani pour la musique moderne.

Lors des dernières années de sa carrière de musicien, Mohamed Fakhardji a souffert d’un asthme aigu et décéda le 3 juillet 1956. Il fut enterré au cimetière El Qettar, à Alger.

Mounira Amine-Seka.

Source :

  • Dictionnaire des musiciens et interprètes algériens, par Achour Cheurfi, Ed.ANEP, 1997.

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