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Mohamed Bahaz, un diwan au parcours atypique


baIl est le doyen d’une confrérie de diwan très connu à Alger et à Blida, et l’un des rares de son âge à faire encore de la musique, s’il a du mal à se déplacer sur la «terre ferme», le poids des années et de la maladie se faisant sentir avec de plus en plus de persistance, il retrouve étrangement ses bras et ses jambes de jeune homme dès qu’il foule une scène de spectacle ou dès qu’il dispose d’un ganga (tambour) entre les mains.

A 73 ans il a arrêté de fabriquer ces instruments de musique (goumbri et ganga) mais tout porte à croire qu’il n’est pas prêt de raccrocher le tambour qu’il peut battre des heures durant debout, accroupi, en marchant ou même couché par terre.

Tout le monde l’appel Ammi Mohamed, Mohamed Bahaz un artiste accompli qui a toujours exploré les voies que la confrérie, le rituel et les traditions n’avaient pas encore balisé pour les gnawa, loin des feux de la rampe, tout en restant ce patriarche qui fabriquait pour tout le monde et pour les vendre, des instruments de ses mains; tout en transmettant aux jeunes ce qu’ils veulent bien retenir.

Hormis son travail à la société nationale de transport des  voyageurs qui lui a fait voir du pays, ce natif de Blida a mené une vie de troubadour depuis qu’il a pris conscience que cette tradition familiale issue d’une grande waada est une musique à part entière.

Son principal fait d’armes qu’il aime souvent rappeler, c’est sa contribution musicale dans le film d’anthologie «La bataille d’Alger» du réalisateur italien Gilo Pontecorvo sorti en 1966; et dans lequel le jeune Bahaz avait joué du karkabou. Un passage qui aura servi à accentuer le suspens de certaines scènes où l’on voit les moudjahidates  poseuses de bombe en préparation.

Depuis quelques années il est également devenu la coqueluche et la touche gnawa du festival Racont’art, auquel il prend part depuis plusieurs années, et ce dans plusieurs villages de Kabylie avec son vieil ami artiste peintre et plasticien Denis Martinez.  Ensemble, ils ont réalisé plusieurs installations et mises en scènes originales, pour les spectacles de sa petite troupe familiale.

Avec Denis Martinez, ils ont expérimenté une multitude de fusion et d’intégration d’instruments, en remplaçant  le veau d’une procession, par un bulldozer repeint et décoré par le peintre durant une performance. Ils ont ainsi  joué sur le lit d’une rivière lors d’une des éditions précédentes de Raconte-arts.

Depuis quelques années le doyen de cette famille, qui a aussi donné à la musique algérienne le grand maallem Benaïssa, Bahaz, a pris sous son aile quelques jeunes artistes pour les aider à monter une formation musicale, et à maîtriser le jeu des instruments et les textes.

Même s’il n’a pas vraiment suivi la voie des maalim et mqadim en évoluant et en prenant en main une confrérie avec toutes les traditions et rituels que cela implique, Ammi Mohamed demeure toujours une référence du genre en matière musicale, mais aussi en termes d’exploration artistique.

Mohamed Rafik

Photographie : sources : http://diwanegnawa.skyrock.com/13.html

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