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Mahieddine Bachtarzi, ce Bache Hazzab devenu Ténor et grand comédien de théâtre …


m-bMahieddine Bachtarzi est né le 15 décembre 1897, à Alger. Issu de l’une des plus vieilles familles d’Alger, il fut nommé Hazzab à la mosquée de Djamaâ Djedid, à l’âge de 17 ans, ce qui fut une grande fierté, sachant que le règlement exige à ce qu’un hazzab ait accompli ses 18 ans.

Le grand Mufti Boukandoura lui témoignait une affection paternelle, surtout que les deux étaient très épris de la musique arabe. Cheikh Boukandoura était un excellent chanteur de musique sacrée et dirigeait la chorale des Quessadines, ce qui lui permettait de rassembler les plus belles voix qu’il pouvait croiser.

La voix du petit Mahieddine l’avait tant charmé qu’il décida de le confier àaux trois remarquables professeurs : Cheikh Mohamed Benkobtane, Cheikh Benchaouche et Mohamed Lek’hal. Bachtarzi était si studieux, qu’en plus du titre de Hazzab, il obtint celui de Qessad (chantre) et à 21 ans, il fut nommé Bache Hazzab (Maître des lecteurs).

Lorsque le Cheikh Benbadis vint de Constantine à Alger, avec sa chorale de Qessadines , dirigée à l’époque par Cheikh Mustapha Bachetarzi et   Cheikh Mahmoud, il encouragea le jeune Mahieddine, en le confiant à Mustapha Bachetarzi qui lui fit faire le tour des mosquées pour des chants religieux. De là, il entama des tournée dans d’autres villes du pays. Sa nouvelle carrière ne l’empêcha pas de poursuivre ses études à la Madersa El Assria sous la direction de son fondateur Mustapha Hafid, ni d’abandonner son père dans son commerce.

En dehors du cercle religieux, d’autres personnes, curieuses de cette belle voix de ténor, les nommera-t-il dans ses mémoires, venaient écouter les chants dans les mosquées. Ces non-musulmans étaient : Mouzino, Laho Seror, Edmond Yafil et le célébre Saint-Saens. Il est vrai qu’il est rare de trouver une voix aussi puissante, alors que le commun des chanteurs algériens avaient une voix grave.

Les trois premiers « curieux », Mouzino, Laho Seror et Edmond Yafil avaient consacré leur vie à la recherche et la transcription de la musique arabe. Yafil le prit sous le bras et devint son maître « admirable », Mahieddine entre à l’école « El Moutriia » et apprit beaucoup de choses lors des rencontre de Mr. yafil avec Mouzino et Laho Seror qui discutaient exclusivement de musique. Quelques fois, Saint Saens rencontrait son ami Charles de Gallad, alors maire d’Alger, mais également peintre et musicien. « Je restais des heures à les écouter parler. », dit-il dans ses mémoires.

Pour le seul plaisir de se procurer un auditoire béat, Saint Saens faisait chanter le petit Bachtarzi les chants folkloriques tels « Sikas », « Mezmoums », « Zidanes » et il le stranscrivait.

Dans ses ouvres, il avait adapté de nos chants. La Bacchanale de « Samson et Dalila » reproduit le 4 ème passage de la « Touchiat Zidane », notée par Yafil.

Un jour, il lui demanda combien gagnait un Hazzab, le jeune ténor répondit que c’était 25 francs par mois, ce qui fit ouvrir grand les yeux de son interlocuteur. Le jeune ténor découvrit, avec des yeux encore plus grandement écarquillés, les chiffres pharamineux des cachets que touchaient les chanteurs en Europe, ce qui lui fit sentir « naître, dans sa jeune cervelle, des idées syndicalistes. »

Ainsi, la vie artistique de Mahieddine Bachtarzi démarra en tant que ténor, puis comme comédien de théâtre, ce qui fit de lui la grande figure du théâtre algérien.

L’équipe babzman reviendra sur sa carrière et anecdotes qu’il raconte dans ses mémoires. Des anecdotes drôles, mais parfois amères.

Mounira Amine-Seka.

Source :

  • Mahieddine Bachtarzi, Mémoires (1919-1939), Ed. SNED, 1968.

 

 

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