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L’histoire du costume algérien – Suite et fin– Les sources écrites


006Dès le XVI e siècle, quelques illustrations de costumes sont relevés par des voyageurs européens tels que Cesare Vecellio ou Nicolas De Nicolay, mais c’est surtout suite à la prise d’Alger en 1830, que les peintres vont multiplier les œuvres reproduisant le costume local. 

Là encore, une difficulté majeur est à prendre ne compte : l’intervention de la subjectivité et de l’imaginaire des artistes. Dans la tendance orientaliste de l’époque, les œuvres qui ne font pas preuve d’une inventivité excessives sont rares. Les images de harems, de bains publics, plongés dans une atmosphère de « luxe, calme, et volupté » sont monnaie courante dans les tableaux du XIX e siècle; les fantasmes des peintres et public visé s’y trouvent souvent répertoriés de façon caricaturale.

Plusieurs décennies plus tard, les compositions de la majorité des photographes continuent à entretenir à leur façon des images de « harems orientaux », notamment sur les cartes postales des années trente du XX e siècle. Un grand discernement est par conséquent requis, pour l’utilisation de ces documents iconographiques. 

Les écrits 

La troisième source de connaissance du costume est fournie par les écrits de certains auteurs d’expression grecque et latine de l’antiquité, de géographes et de voyageurs proche-orientaux andalous ou maghrébins d’expression arabe du Moyen-âge, de diplomates, de voyageurs et de missionnaires religieux européens dès le XVI e siècle, d’artistes et d’écrivains romantiques et orientalistes du XIX e siècle, et enfin de chercheurs ou de simples auteurs au service de l’administration coloniale, notamment à l’occasion du centenaire de la présence française en Algérie (1930). 

La plus ancienne source d’information relative au costume spécifiquement algérois provient d’un texte espagnol écrit à la fin du XVI e siècle par l’abbé Haëdo, qui aurait récolté des récits de captifs, dans être lui-même allé à Alger (selon certains)… Malgré le regard subjectif porté par l’abbé, ou celui d’autres auteurs plus contemporains (Laugier de Tassy, De venture de Paradis…), les documents et récits rapportés demeurent une précieuse source d’information. Il convient néanmoins de préciser que ces écrits sont élaborés par les personnes généralement peu au fait de la culture algéroise, mais en plus, il s’agit de récits exclusivement masculins, ce qui entraîne une vision particulière et souvent limitative du costume féminin. 

Entre le XIX e et le XXe , et notamment avec l’ouvrage de G. Marçais, la contrainte à surmonter reste le manque objectivité et de rigueur dicté par l’idéologie coloniale et par le message réducteur qu’elle véhiculait. Les recherches plus récentes se limitent quant à elles à la période ottomane de la ville. 

Mira B.G

 

Sources :

  1. Catalogue de l’exposition « Broderie d’Alger, florilège sur soie« , paris, Institut du Monde Arabe, 1992
  2. L. Belkaïd « Algéroises, histoire d’un costume méditerranéen »

Retrouvez la première partie sur Babzman : http://www.babzman.com/2015/lhistoire-du-costume-algerien-partie-i-les-sources-iconographiques/

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