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LES DIFFÉRENTS MODES D’ÉCRITURE DU MELHOUN’, par Dr Rachid MESSAOUDI


melhoun 2EL MBEÏET

Au 16ème siècle, les pionniers du « melhoun » à savoir  et Sidi Abdelaziz Abou Farès EL MAGHRAOUI, calquaient leur écriture  sur celle de la poésie arabe classique avec des vers construits sur un même nombre de pieds avec un ou deux hémistiches et une ou deux rimes.

Les « aqsams » ou strophes comportaient 5 vers entre lesquels pouvaient s’incruster des « aâroubiates » ou des « naâourates » ou « souir’hates »

Une qasida se contente parfois d’ « aqsams » ou alors exclusivement des « « aâroubiates » ou « naâourates »

Les « aâroubiates » sont faites de trois vers de dix pieds. Le quatrième vers est appelé « tadhlyia » et s’aligne sur la rime du « qism » suivant. Ce modèle donne des « aqsams » qui se reproduisent tout au long de la qasida. EL GHORRI de Mohamed BENSLIMANE est un exemple de « mbeïet » avec des « aâroubiates ».

Les « naâourates » sont faites de deux ou trois vers au plus. Eddhif ou ya dhif Allah de Djilali MTHIRED déploie des « naâourates » qui s’allongent au fur et à mesure qu’on progresse dans la qacida.  Ettarchoune ou El Baz de Mohamed BENALI est un autre exemple de texte avec des « naâourate ».

Le Mchergui Abou Rdjal est un autre exemple d’El Mbeïet  et ne comporte que des « naârouates ». Nadhra Ferrim de Sidi Abdelaziz ELMAGHRAOUI en est un modèle.

MEKSOUR EL DJNAH

Par la suite est apparu ce mode d’écriture grâce à Mohamed BENALI BOUAMROU, poète méconnu du XVIème siècle. Cela apporta de l’aisance par l’élasticité des vers. La poésie débute par un vers de dix pieds suivi par d’autres plus ou moins courts et volontiers inégaux. Cela facilite le chant comme en témoignent les musiciens. Le premier vers de la qasida est le « mezrag » ou le fer de lance. Habituellement, il comporte dix pieds à l’exception de celui d’ »elkhadem ouel hourra » d’Ahmed El GHRABLI qui en compte douze. S’en suivent des vers courts en nombre variable nommés « mtilaâtes »à Fès et « krassi » à Marrakech. Le dernier vers a la même rime que le refrain ou s’en rapproche.

Ainsi se constitue la strophe ou « El Kism » reproductible selon ce modèle tout au long de la qasida laquelle se termine sur la « sarh’a ou dridka », un écrit mbeïet ayant la même rime que la « h’arba «  ou refrain. Le premier vers de la « dridka » est un « freche » suivi d’un ou plusieurs « ghta » selon la qasida.

EL MCHETTEB

Ce qualificatif dérive d’un mot espagnol qui signifie paille découpée. Ainsi le texte « mchetteb » est une poésie de vers courts qui se serrent les uns contre les autres pour donner un texte dense. Cependant, le premier vers de la strophe est écrit sur le mode « mbeïet ». L’exemple le plus typique est la qasida « khdidja » plus connue chez nous sous « goumriet lebroudj » de feu Mohamed BENSLIMANE.

ESSOUSSI MEZLOUG

C’est Djilali MTHIRED qui ira plus loin en instaurant le vers libre plus adapté à une poésie qui décline une fresque. Qui ne connait pas « el harraz » de Ben El Qorchi AZZEMOURI. C’est l’un des 42 « harraz », thème abordé par 32 poètes..

Le texte ESSOUSI MEZLOUG commence par deux vers de sept pieds ayant la même rime. Libre cours est ensuite donné à la prose égrenée comme un chapelet d’où son appellation. Le poète conclut par un « qism » ou « sarh’a » s’écartant du « mezloug » mais empruntant la même rime que le refrain.

EDDHIKR

Il s’apparente au « mbeïet » mis sur le thème religieux. Toute le fertilité du « melhoun » et son éloquence émanent de grands poètes qui ont embrassé l’Islam par le Soufisme, noblesse s’il en est de notre religion. Ainsi Abdelkader dit Kaddour EL ALAMY est le pilier et l’instigateur de la Confrérie des ALAMYA.

ESSERABATES

Elles ne sont pas considérées comme qasidates. C’est le chant populaire prisé par les femmes. La beauté de la nature, la douleur et la séparation amoureuse, l’amour du pays ou le souvenir d’un absent y sont évoqués. Elles se composent de vers libres sans rimes et sont considérées comme orphelines car on ignore souvent leurs auteurs.

Dr Rachid MESSAOUDI

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