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Le tapis Zénète : la petite histoire d’un grand patrimoine revalorisé (Timimoun)


leila 1  C’est  avec  une  joie et un engouement  peu  contenus que les élèves  de l’école  primaire  Nouari  Hamida  du Ksar  Lahmar de Charouine , se hâtent de grimper dans la bus de l’école  pour une sortie scolaire  très attendue,  car  elle   coïncide  avec le  projet  pédagogique de la 5  AP  qui porte sur «  les métiers ». Destination : Timimoune , dite la perle  du Gourara  pour  rencontrer les membres de l’association alsacienne Trait-d’union.

Pour nous accueillir, Jean-Pierre et Marie-Claire Radigue  accompagnés de leurs amis et partenaires  Houcine et  Fatiha Kadiri de l’association ADEA : des droits de l’enfant et de l’adolescent  de Timimoune . Le  but annoncé de la rencontre étant de  visiter  l’atelier  de  tissage de tapis  Tigourarine  dont  la particularité  réside dans le fait que  ses  tisserandes  réalisent  des tapis  selon la pure tradition Zénète du Gourara  en reprenant  d’anciennes techniques de pigmentation végétales .

Habitués  aux métiers à  tisser  qu’on peut trouver  dans presque  chaque maison du ksour du Gourara, transmis  comme un héritage et un art ancestral, les élèves à peine entrés dans l’atelier  se familiarisent  avec les lieux, les tisserandes, et les tapis . Dès lors,  les questions  fusent : en arabes, en français  et en Zénète. Marie-Claire Radigue  se fait une joie  de  répondre aux élèves  dont les interrogations  portaient  principalement sur les motifs, le choix des couleurs  et  leurs symboliques.    leila 3

Le tapis  Zénète , fierté  de  la femme berbère, est au cœur des préoccupations de Trait-d’Union. Association à  but  non lucratif, elle  œuvre pour sa sauvegarde en assurant la formation des tisserandes, pour qu’elles puissent être  autonomes financièrement  . C’est à la fois un projet social et une démarche  culturelle mais aussi un espace de création, les tisserandes ne reprennent pas seulement d’anciens modèles, mais des tapis contemporains portant des noms évocateurs ont vu le jour : Crépuscule sur les dunes, Soleil de midi, Naissance dans le ksar…

La  visite se poursuit, et  nous voilà à présent  à l’atelier « Ayadi  Adahabiya », où nous faisons la connaissance  de  Fabienne  Franbourg, qui assure  une formation de broderie . les Mains d’Or, est un projet de formation en couture, tricot, broderie traditionnelle  et artisanat ,  fondé en 2005 par les Sœurs Blanches de Timimoune , repris ensuite par l’association Trait-d’Union et ADEA . Les objectifs principaux de cette démarche sont de former des jeunes femmes en difficulté financière de Timimoune et ksour alentour du Gourara  afin qu’elles puissent réaliser des objets d’usage personnel dans  un premier temps, mais qui peuvent être aussi destinés à la vente : des  ponchos pour petits et grands  ainsi que des bonnets  et  chaussons pour bébé , des chèches, des portes clés, des kachabiat  et des pochettes …etc. , les objets réalisés sont très raffinés et les couleurs très jolies .

leila 4Dernière escale et pas des moindres, à la terrasse  de  la résidence de Marie-Claire Radigue  aménagée  en atelier,  des jeunes stagiaires apprennent  à maîtriser la technique de  pigmentation végétale et de création des couleurs. Venue d’Alsace,  Karine  Schreck, véritable magicienne des couleurs , utilise des chaudrons en inox pour ne pas  altérer  les teintes, et nous explique le processus  rigoureux  pour  la réalisation des teintures végétales. Les élèves étaient particulièrement  attentifs aux explications  et ne cachaient point leurs  étonnements et admirations! Il est vrai que l’univers des couleurs et magique pour petits et grands.

La nature  nous offre  un large panel de matières naturelles à exploiter  pour pigmenter  la laine, ainsi, voici un petit tour d’horizon des différentes teintes, obtenues par coloration naturelle :

Cochenille (rouge violacé – rose), Écorce de grenade (vert) , Pelure d’oignon et Gaude (jaune) , Thé (beige), Henné (beige – brun clair), Garance (rouge), Daphné – Dgouft  (jaune – vert), Le traitement de l’indigo (bleu), Le bois de campêche (violet), L’orcanette (violet). La démarche de  ce projet est à la fois  écologique mais aussi esthétique car  les couleurs végétales durent plus longtemps et un tapis traditionnel Zénète , à la condition d’être entretenu, a toutes les chances d’être centenaire.  

Apres une matinée bien remplie, et un délicieux pique-nique, les élèves  rentrent  à ksar Lahmar avec pleins d’images et d’histoires à raconter. leila 2

Valoriser  et assurer  la pérennité  d’un métier  qu’on pense désuet, mettre en valeur  la création artistique  mais  surtout  œuvrer pour le travail de mémoire, tels sont les points essentiels  retenus  lors de cette visite. Le losange, Le scorpion, La grenade, l’étoile de David, le chandelier. Le tapis  Zénète, raconte  l’histoire de sa tisserande originel, il raconte les histoires des influences et des courants religieux, de la faune et la flore de la région.. Le tapis Zénète est magique!

Leila A

images :

  1. Photographies de la sortie scolaire de l’école  primaire  Nouari  Hamida  du Ksar  Lahmar de Charouine, par JEAN pierre Radigue 

 

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