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Le sobriquet algérien – un marqueur social en évolution – suite et fin –


Illustration_sans_titre_previewUn  indice non négligeable dans l’étude des sociétés, l’humour et par ricochet le sobriquet qui selon Karima Aït Dahmane est un « Objet hautement culturel » remplit la fonction de précision et de dénomination

Le sobriquet, un raccourci sémantique

Le sobriquet apparaît souvent comme élément de dénomination et de mise en exergue de caractéristiques physiques, peu répandues dans un groupe social donné. Une sorte de raccourci sémantique pour minorités visibles. Ironique ou valorisant, il nous renseigne sur la personne qui le porte. El Rougi (le rouquin), Boulahya (barbu), Fartass (chauve) sont à aborder sous un angle de marqueur social et de notoriété. Celui ou celle qui le porte le tolère à différents degrés.

Lorsqu’il verse dans une connotation péjorative ou raciste, seul le contrat social entre individus énonce le ton, l’intention donné à un surnom. A titre d’exemple, les surnoms de précision raciale, liés à la couleur de peau ou encore au culte comme «nigrou » (noir) et «Yhoudi »(juif); dépassent la simple attribution par nature raciale, et peuvent être donnés à des individus qui ne sont pas forcément noire ou juive. Plus précisément, qui n’a pas entendu dans son entourage, une personne que l’on appelle la juive (yhoudiya), en référence à son caractère trop économe. 

« Le sobriquet algérien est le reflet de phénomènes socioculturels et historiques (ponctuels ou plus durables) du terroir. » explique, Ouerdia Yermeche, auteure  d’une sur  le sobriquet algérien comme pratique langagière et sociale.

Les  sobriquets sont révélateurs des aspirations d’une époque, et de l’échelle des valeurs. Autrefois, les noms de métiers  s’annexaient systématiquement aux patronymes, un Amine el Oustad (professeur) et Si Mustapha el Hakim ( médecin) étaient autant de signes de respects que des marqueurs sociaux. De nos jours, le métier cède la place à une nouvelle forme de représentation basée sur l’argent :  Moh Visa,  Reda Audi. Nous sommes, ce que nous possédons et le sobriquet est là, pour nous le rappeler.

En perpétuelle évolution, il permet également de pérenniser une tradition orale ancestrale, car nous avons tous dans notre entourage un Djeha trivial, une belle Lounja, une méchante Ghoula ou  une vile Settouta. Personnages légendaires, ils véhiculent une représentation physique ou psychologique de celui ou celle qui le porte. Il dresse de manière subtile et imagée un comparatif entre le personnage et l’avatar  et nous renseigne sur la sociologie de la société algérienne.

 

Leila Assas

Bibliographie :

  1. Ouerdia Yermeche, « Le sobriquet algérien : une pratique langagière et sociale  », Insaniyat / إنسانيات, 17-18 | 2002, 97-110.
  2. BENSERIDA Hafida, L’image de l’Algérien et de l’algérianité dans la caricature de la presse francophone algérienne. Le cas du journal : « Liberté » et « El Watan,  Mémoire de Master 2 « Langue, discours et culture en Méditerranée » Spécialité sciences du langage, 2015
  3. Walid Bouchakour,. Qu’est-ce qui fait rire les Algériens ? Histoire d’humour.  Focus Le 26.11.16
  4. Mes remerciements  vont à Salim Zerouki pour l’illustration.

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