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Le sobriquet algérien – Première partie – Le génie populaire en action


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Le sobriquet est une des facettes de l’humour qui  fait partie intégrante des universaux du langage. On le retrouve dans toutes les sociétés, en un sens, il  obéît à des codes et logique internes puisqu’il renvoie à une lecture autotélique, à la fois psychologique, sociolinguistique et culturelle  

 Le sobriquet algérien ne déroge pas à cette règle, il est une jonction du risible au génie populaire, affirmée par le substrat identitaire.   

 

Du génie populaire et substrat identitaire   

 

Les sobriquets algériens font légion.  Subtiles, imagés ou encore anthroponymiques, ils nous renseignent sur l’interaction entre  les individus, leurs représentations et leurs bagages culturels. Ils soulignent en ce sens, l’évolution  des mœurs dans un espace donné. Celui d’une région, d’une ethnie, d’une tranche d’âge ou encore d’une classe sociale. «Il ressort également qu’au moment de sa création, le sobriquet algérien est sémantiquement motivé, [] Les plus fréquents sont la manipulation du langage dans un sens figuré, par une relation métonymique, une intention humoristique ou une relation métaphorique (par comparaison analogique). » explique  Ouerdia  Yermeche.  

Le sobriquet comme indice anthroponymique est d’usage depuis plusieurs siècles en Algérie. Ainsi, durant la période médiévale, il fait office de patronyme à la manière d’une affiliation par rapport à une origine comme il est le cas pour Abû al-Hasan al-M’sili, Mrwan al-Bûni ou encore Abû al-Qasim al-Biskr i. Ces érudits et hommes du savoir se faisaient   appeler ainsi  dans leurs nouveaux foyers d’accueils. L’usage du surnom évoque en ce sens, un   contexte de mobilité.  Phénomène encore de rigueur de nos jours, où l’on devient dans les yeux du hôte « el djelfaoui », «  el wahrani » etc.   

Par ailleurs, qu’il soit à caractère héréditaire, connotatif  ou stéréotypé, il est donc parfois basé sur une intention péjorative. Il peut également souligner une condition sociale comme c’est le cas pour « Hartani », autrefois  esclave de l’espace oasien et saharien, il est  de nos jours, fils d’affranchi. Affublé de ce sobriquet, il est  systématiquement renvoyé à une forme de domination et de servitude maintenue  psychologiquement.  Autres exemple, « Baggar » qu’on peut traduire par  l’éleveur des bovins, et  qui  désigne aujourd’hui le nouveau riche. Un protagoniste risible  dépourvu de codes sociaux citadins. Il est constamment ramené à sa condition, ce qui traduit un dédain des citadins envers l’exode rural, un phénomène prépondérant durant la décennie noire.  

…. A  suivre 

 

 

Leila Assas  

 

Bibliographie : 

  1. Ouerdia Yermeche, « Le sobriquet algérien : une pratique langagière et sociale  », Insaniyat / إنسانيات, 17-18 | 2002, 97-110. 
  2. BENSERIDA Hafida, L’image de l’Algérien et de l’algérianité dans la caricature de la presse francophone algérienne. Le cas du journal : « Liberté » et « El Watan,  Mémoire de Master 2 « Langue, discours et culture en Méditerranée » Spécialité sciences du langage, 2015  
  3. Walid Bouchakour,. Qu’est-ce qui fait rire les Algériens ? Histoire d’humour.  Focus Le 26.11.16 
  4. Mes remerciements  vont à Salim Zerouki pour l’illustration.  

 

 

 

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