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Le rituel de préparation du futur marié, el-‘arous, d’antan


interIl n’existe pas de chronologie absolue dans la préparation du jeune marié à la nuit de noces. Il y’a cependant, quelques faits à observer, dont le « bain du marié », et sa préparation. 

Le jour supposé du bain du marié, le jeune homme sera informé par son père, que ce dernier se charge de tous les frais. Cela sous-entend que le jeune marié peut inviter ses compagnons de la période de t’arouîs. Le compagnon invité sais, qu’il devra un jour lui-même rendre la politesse qui lui a été faite, le nombre des partants est donc souvent réduit à deux ou trois personnes.

Dans un premier temps, le jeune marié et ses compagnons s’en vont se faire coiffer et se faire raser la barbe. C’est le barbier qui se chargera de raser la barbe, mais également de couper les cheveux.  le barbier; qui portait en d’autres temps le titre de chirurgien-barbier en Europe, en raisons de certaines interventions qu’il pratiquait (EX : saignée); effectuait aussi en Algérie la circoncision sur les enfants, et aux adultes malades, il tirait le sang « mauvais » par scarification.  On l’appelle indifféremment hadjdjâm, hallâq, haffâf.  Avec l’évolution de la société et la spécialisation de la profession, ces deux derniers termes sont devenus les plus courants pour désigner celui qui coupe les cheveux et la barbe : coiffeur ou barbier.

La phase de la « coiffure du marié » a inspiré un amusement chez les algérois, lequel consiste à persifler celui qui, faisant son profit de tout, court se faire coiffer avec chaque jeune marié : un tel va se faire coiffer avec chaque marié, flên m’a koull ‘aroûs i-haffâf.

On en revient à notre futur marié, qui une fois arrivé au bain, se mouille entièrement. Un moûtchoû (garçon de bain), vient alors le laver, le masser, et le rincer avant de le laisser effectuer seul, ses ablutions rituelles habituelles, qu’il complétera des ablutions rituelles de la nuit de noces. les jeunes hommes qui en ignorent les règles, les apprennent sur place grâce à leurs compagnons, ou aux enseignements prodigués par un taleb, quelques jours auparavant.

Le bain du marié est traditionnellement fixé dans la matinée précédent la nuit de noces. Le marié revêt alors l’habit en drap de haute qualité que lui a taillé, et-târzi, pour la circonstance. L’ensemble, qui doit être neuf, comprend à titre d’exemple : une chemise très ample pourvue de manches évasées, deux gilets ouverts, (la bed’iya dakhlâniya (intérieure) et la bed’iya  berrâniya (extérieure)), une veste brodée d’or (le djabâdoûlî), pourvue de manches fendues, et un pantalon en drap (en hiver), ou en toile (en été), très large formant de gros plis. Pour parfaire le tout, une ceinture simple ou multicolore, souvent bleuâtre (hazm zerrouqî), enserre la taille du jeune  homme, en signe d’élégance.

Enfin, le futur époux enfile des mi-bas blancs et se chausse d’une paire de çabbât es-soûqi (du marché), sans talons et carrés au bout, sauf s’il choisit les traditionnelles bâboûdj. Il se coiffe d’un tarboûch, ou d’une châchiya dzîriya : une calotte ordinaire de couleur rouge, fabriquée à Alger avec de la laine fine du pays. Il finira de se préparer en endossant le fameux burnous, également en drap ou en laine légère, et de couleur blanche. C’est le vêtement supérieur qui donne une aisance et une allure digne à celui qui le porte, lui conférant une élégance incomparable… Le voila fin prêt pour le grand jour!

Mira B.G

 

Sources :

  1. Textes tiré du livre « El qaçba Zmen », K. Mhamsadji
  2. J-M De Venture De Paradis, Alger au XVIII e siècle
  3. Illustration : Intérieur de bain maure, Algérie; Editeur : J. Geiser.

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