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LE MELHOUN , coeur de la Poésie Maghrébine et du CHAABI


 

  Melhoun Le « melhoun » est la poésie de base du chaâbi. A l’origine, elle était écrite pour être déclamée  lors des « mouassems » (fêtes religieuses) sur les places publiques ou dans l’enceinte des cours des palais à la gloire des sultans. A ces occasions, on instaurait une sorte de cconcours, principalement pour faire l’éloge du Prophète Mohammed (QSSL) en vue de gratifier le meilleur des poètes.

Né au XVIème siècle de notre ère, « le melhoun » a puisé son vocabulaire du langage populaire où se croisaient l’arabe dialectal et le berbère. Il a subi une appréciation péjorative de la part des puristes de la poésie arabe classique. En effet, la plupart des poètes du Maghreb s’exprimaient dans un langage sans contrainte, libéré de l’étau que la grammaire de la langue originelle impose. Ainsi « le melhoun » s’écartait de la poésie arabe au niveau de la métrique.

La remarque d’IBN KHALDOUN faisant croire que les poètes maghrébins n’avaient point accès à la finesse de la grammaire arabe, a été probablement mal interprétée. Le Savant voulait sûrement dire que la poésie d’expression populaire pouvait s’en passer.

Le « melhoun » est donc cette poésie libre qui a trouvé racine dans le quotidien de la société maghrébine. Ses poètes, bien que n’étant pas forcément lettrés, secrétaient dans une fluidité merveilleuse, des œuvres qui abordaient les plus grands thèmes de la vie. Leur maîtrise du Coran et leur foi inébranlable ont alimenté la vigueur des textes. Ils ont tissé des poésies su l’amour, l’amitié, le vin, la nature, l’abnégation, la satire, la foi musulmane…. On pourrait comprendre comment EL LARBI EL MEKNASSI qui n’était que cordonnier a pu écrire « LEBLA FEL KHOLTA » et pourquoi BELKACEM EL BOURACHEDI pouvait commettre « ESSELOUNIA » plus connue sous le titre de « ‘HADJOU LEFKAR ».

A la source, au XVIème siècle, le «melhoun » a émergé sous le « kalam » du grand barde algérien du Prophète Mohamed (QSSL), Sidi Lakhehal BEN KHLOUF appelé plus tard Lakhdar BEN KHLOUF  de Mostaganem et quelques années après grâce à Sidi Abdelaziz Abou Farès EL MAGHRAOUI de TAFILALET (Maroc). Tous deux sont issus de la tribu des MAGHRAOUAS autochtone de la Vallée du CHELIFF et des Monts du DAHRA. Cependant que leur prédécesseur BOUTALBAG reste très méconnu.

Dans un premier temps, les vers étaient simples, figés dans une métrique avec le même nombre de pieds et se scindant en deux ou quelques  hémistiches.

Cette poésie se fredonnait sur un seul mode, « la dendana  ou dani», monocorde. L’écriture se faisait sur cette métrique qui porte l’empreinte de Sidi Abdelaziz Abou Farès  EL MAGHRAOUI.

La première touche du rythme fut apportée par EL MASMOUDI, poète marocain de TAFILALET connu pour sa célèbre qasida « MIR EL GHRAM ». Cet élève du grand maître Saîd  BOUATHMANE EL MENDASSI ECCHRIF natif de Tlemcen qui émigra au Maroc pour fuir les Espagnols. Du « dani », le « melhoun » passa au « mali ». La première mise en musique en quelque sorte était née. Ce qui a valu à EL MASMOUDI le titre de pionnier de la « Griha » et d’ »el goubahi », cadence rapide du chant chaâbi  d’aujourd ‘hui.

Depuis, le « melhoun » continua de s’enrichir pour atteindre un volume considérable de plus de six mille pièces que l’Académie Royale Marocaine compile studieusement pour éditer des recueils de poèmes par auteur. Cette institution honorable est composée d’une centaine de chercheurs en poésie, linguistique, histoire etc…

Nous parlerons la prochaine fois des différents modes d’écriture pour découvrir l’évolution métrique et la versification  des « qasidates » qui détermineront leur adaptation au chant.

Dr Rachid MESSAOUDI.

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