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Information historique et socioculturelle sur l'Algérie

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Le maréchal Bertrand Clauzel se verra relevé de ses fonctions grâce à la résistance algérienne


ClauzelLe maréchal Bertrand Clauzel (patronyme parfois orthographié Clausel) est né le 12 septembre 1772, à Mirepoix.

On le retrouve membre de la garde nationale de sa ville natale en 1789, lieutenant de chasseurs en 1790, adjudant général chef de brigade en 1795 dans l’armée des Pyrénées où il sert depuis 1792. Sa carrière se poursuit à l’armée de l’Ouest puis comme chef d’état-major d’Emmanuel de Grouchy à l’armée d’Angleterre en 1798. Le grade de général de brigade lui est conféré début 1799, alors qu’il sert à l’armée d’Italie.

Il prend part en 1801, sous les ordres du général Charles Victoire Emmanuel Leclerc, à l’expédition de Saint-Domingue au cours de laquelle il s’empare de Port-au-Prince. En décembre 1802, il est nommé général de division. Il rentre en France via New-York après un naufrage au large de la Floride. Les années suivantes sont moins mouvementées, ses affectations en Hollande, en Italie et en Dalmatie le tenant éloigné des champs de bataille jusqu’à la campagne d’Allemagne de 1809.

Clauzel passe ensuite en Espagne et reçoit une blessure à la bataille des Arapiles avant de diriger la retraite de l’armée du Portugal. Il commande l’armée du Nord en 1813, puis se bat sous les ordres du maréchal Jean De Dieu Soult à Orthez (27 février 1814), à Aire (1er mars) où il est vainqueur, et devant Toulouse (10 avril). Louis XVIII le fait Inspecteur général d’infanterie et lui confirme son titre de comte pendant la première Restauration. Durant les Cent-jours,Napoléon le fait pair de l’Empire le 2 juin 1815. Commandant le corps d’observation des Pyrenées-Occidentales, Clauzel affronte les royalistes du Sud-Ouest à sa tête puis tente de résister après Waterloo. Cela lui vaut, à la seconde Restauration, de voir son nom porté sur l’ordonnance du 24 juillet 1815 et condamné à mort. Plus adroit que d’autres, Clauzel échappe à l’arrestation et s’exile aux Etats-Unis. Il y vit de l’exploitation d’un petit domaine en Alabama et s’applique pendant cinq ans à mettre sur pied des tentatives d’enlèvement de Napoléon, sans parvenir au moindre résultat.

En 1820, une amnistie lui permet de faire son retour en France. Après avoir d’abord vécu retiré dans la région toulousaine, il se fait élire député des Ardennes en 1829. Louis-Philippe Ier lui donne le commandement de l’armée d’Afrique en 1830 et le bâton de maréchal l’année suivante. Député des Ardennes en mars 1829, il est dans ses terres en juillet 1830 lors des « Trois glorieuses » et de l’accession au trône de Louis-Philippe 1er.
Clauzel offre ses services au nouveau roi qui le nomme, le 12 août 1830, gouverneur général de l’Algérie et commandant en chef de l’armée d’Afrique.
Dès novembre, Clauzel entreprend la conquête du territoire. Il occupe Blida et Médéa en novembre 1830, Oran le 1er janvier et poursuit son avancée jusqu’à l’Atlas.
Cependant, les effectifs et les crédits qu’il demande pour poursuivre son action lui sont refusés. Clauzel imagine alors un moyen de dominer le pays en négociant avec le Bey de Tunis afin qu’il nomme deux princes de sa maison chargés des provinces d’Oran et de Constantine moyennant une contribution annuelle à verser à la France. Sa démarche est désapprouvée, il est remplacé en février 1831 par le général Berthezène et mis en disponibilité.
Clauzel ne prendra pas le commandement des 8e et 9e divisions militaires pour lequel il avait été désigné le 8 mars 1831. Cela ne l’empêcha pas de recevoir le bâton de maréchal que lui octroie le roi le 30 juillet 1831.

En 1835, Clauzel devient gouverneur général de l’Algérie mais son échec devant Constantine en 1836 et la désastreuse retraite qui s’ensuit lui coûtent son poste. Lorsqu’il débarque à Alger, le 1er août 1835, le comte Bertrand Clauzel n’est pas en terre étrangère. Quatre ans plus tôt, il a sillonné les champs de bataille de ce pays, à une époque où la conquête de cette contrée en était encore à ses balbutiements.

Avec le titre de gouverneur de l’Algérie, le personnage est d’importance : ancien pair de France sous l’Empire, conseiller général d’Auterive et député des Ardennes, il a derrière lui une brillante carrière militaire et diplomatique qui lui a valu le grade de maréchal de France en 1831.

Dès son arrivée, il décide de mater la rébellion d’Abd El Kader et les premières victoires qu’il remporte, dans la plaine du Sig et à L’Habra, en décembre, lui ouvrent les portes de la ville de Mascara. Ne pouvant l’occuper pour ne pas se démunir de troupes, il fait brûler la cité avant de l’évacuer. Les mois qui suivent ne sont qu’une longue suite de combats gagnés sur les Arabes, qui défendent chèrement leurs terres, à Tlemcen, dans l’Atlas, à La Tafna ou à La Sickack, ce qui lui permet d’occuper durablement Tlemcen et de consolider les conquêtes qu’il a pu faire.

Il doit cependant rentrer en France, où le monde politique, qui méconnaît la situation locale, s’agite contre lui. Il se rend alors à Paris pour rencontrer son ami Adolphe Thiers et lui explique sa stratégie et son bien-fondé. Assuré du soutien de ce dernier, il revient, le 28 août 1836, à Alger, mais dès le 6 septembre suivant, le cabinet Thiers, mis en minorité à la Chambre, doit démissionner. Il est alors remplacé par Molé, qui, c’est le moins que l’on puisse dire, n’est que peu favorable à notre Mirapicien. Clauzel n’en a cure et poursuit la politique algérienne de conquête qu’il a initiée. Il occupe Bone et, par une politique de substitution, remplace les chefs hostiles aux Français par des hommes qui leur sont favorables, comme Jusuf, un de ses lieutenants, qu’il met en place à Bone. Il décide alors de prendre Constantine, un des points névralgiques du pays, l’expédition débutant le 8 novembre 1836, avec un des fils du roi Louis-Philippe, le duc de Nemours. Mal préparée ou mal engagée, cette tentative va vite tourner au désastre, malgré un premier succès militaire au passage du Roummel, qui est pris le 21 novembre. Le siège de la ville proprement dit peut alors commencer, mais dans la nuit du 21 au 22, le 62e, qui escorte les bagages, est violemment attaqué par Abd El Kader et, malgré une résistance acharnée, est massacré sur place. Privé d’intendance dans une contrée hostile et loin de ses bases, Clauzel décide alors de tenter le tout pour le tout et lance l’attaque de Constantine.

La ville est puissamment défendue et les combats sont d’une rare âpreté. Il faut se battre pour conquérir chaque maison, chaque rue, chaque quartier et malgré une grande bravoure des soldats français, à laquelle répond la même opiniâtreté des Arabes, seuls quelques faubourgs peuvent être occupés. Sans bases arrières, ayant subi de lourdes pertes, Clauzel comprend que la partie est par trop mal engagée et préfère se replier, regagnant Bône. Dès son arrivée, il fait mettre le général de Rigny aux arrêts puis le fait passer en conseil de guerre, le jugeant en grande partie responsable de la défaite de l’attaque. Il regagne ensuite Alger mais est rappelé à Paris, où son échec, que beaucoup attendaient pour l’écarter, a créé de vives réactions à la Chambre.

Relevé de son commandement (12 février 1837), il subit alors les attaques répétées de ses adversaires, le député Dupin notamment lui reprochant son attitude. L’affaire s’envenime à tel point que malgré l’âge des protagonistes, un duel est convenu. Il faudra l’intervention du roi Louis-Philippe pour l’empêcher.

Amer et déçu, Clauzel se retire alors dans son domaine du Sécourieu, à Auterive.

Mounira Amine-Seka.

Sources :

  • http://cavaliers.blindes.free.fr/.
  • http://collectifrance40.free.fr/.
  • Larousse.fr.

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