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Le Hawzi, cette poésie venue de l’Andalousie…


Le Hawzi est un genre musical et poétique, dérivé  de l’andalou, il prend son nom d’une province qui est la subdivision à dominante rurale, de la région marocaine de Marrakech-Safi, dont le chef lieu est Tahannaout. Le mot hawzi, vient donc du mot hawz qui signifie faubourg, dont le pluriel est ahwaz, comme hawz Ain El Hout et Hawz Zerboune, à Tlemcen, par exemple.

Il est également la continuation du zadjel andalou qui est une forme poétique similaire au mouwach’chah qui n’utilise exclusivement que la langue dialectale. Le zadjel atteint son apogée avec Ibn Quzman, un poète andalou, originaire de Cordoue, qui s’en est servi pour chanter le vin, la nature, mais surtout l’amuor. Selon Ibn Khaldoun, le hawzi est apparu à Tlemcen, au XIIe  siècle.

Abou Othmane Ben Abdallah Saïd El Mendassi Tlemçani, qui a vécu entre 1583 et 1671, aurait écrit les premiers poèmes connus du hawzi. Après lui, bien d’autres poètes se succédèrent, dont Ben Triki, Ben Messaïb et Ben Sahla. Ce dernier avait écrit le texte de la chanson Ya dhou laâyani (Ô lumière de mes yeux), où il raconte l’histoire d’une femme dans chaque rue, chaque derb de la capitale des zianides, ce qui lui valut une convocation du Bey d’Oran qui l’avait mis en prison pour l’exécuter. Après quelques interventions, le poète expliqua alors que son amour était platonique et courtois, à travers la chanson Louma el fdhoul. Grâce au hawzi, des thèmes que la musique classique a soigneusement évités, ont été abordés. La description du corps de la femme, la dénonciation de la présence turque  et bien d’autres sujets qui fâchaient.

La métrique utilisée dans le hawzi n’était pas classique mais celle de âaroudh el balad, spécifique au hawzi. (La métrique étant l’unité qui se répète régulièrement dans le temps, à travers des formes prosodiques ou musicales, qui seraient des vers, des rimes ou des strophes).

Aussi, avant l’apparition du dialogue dans la poésie classique de Khalil Metrane, celle-ci existait déjà dans le hawzi, dès le XVIIIe siècle, selon le musicologue Naceredine Baghdadi. Dans la chanson Ya taleb, par exemple, la narration et le dialogue font bon ménage. De là, il est indéniable que le hawzi, sur le plan de la forme et la thématique, a précédé de deux siècles la poésie arabe classique.

Le hawzi prend de l’élan et, depuis 2007, le Festival National du Hawzi prend place chaque année au mois de juillet. Une manifestation culturelle qui enchante tous les amoureux du genre musical et qui regroupe tous les grands interprètes, tel Toufik Belghebrit, Nesrine Ghanim, Meriem Ben Allel et bien d’autres, permettant ainsi la mise en scène de plus d’une vingtaine de concerts. Les chansons interprétées reprennent les poésies des Cheikhs El Mandassi et El Hadj Ahmed Triki. Il faudrait souligner également que la musique hawzi a eu beaucoup d’influence sur le chaâbi.

Mounira Amine-Seka.

Sources :

  • canalblog.com.
  • vitaminedz.org.
  • Presse nationale.

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