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Le 19 novembre 2014 après une longue carrière dans l’humour satirique, il nous a fait pleurer!


KT2Kaci Tizi Ouzou, de son vrai nom, Hamid Lourari est né en 1931 au village Ighil Oufella, à Beni Ourthilane, dans la commune de Sétif. Connu pour son humour satirique à travers ses sketchs, il était  facilement reconnaissable par son accent kabyle très prononcé qu’il soufflait de sous sa belle moustache.

Hamid avait milité pour la cause nationale avant l’indépendance, mais aussi dans le domaine culturel. Il ne manquait pas une seule date historique sans s’y associer.
Il y animera des émissions à la chaîne deux (en Kabyle), notamment celle intitulée «Nova Izahwaniyen» avec Mohamed Hilmi, et saura se distinguer avec son personnage typé et ses multiples déclinaisons comiques. Il participera également à l’émission enfantine de la chaîne une (en arabe) animée par l’inénarrable Najwa. Quelques années plus tard, il formera un duo de choc, qui restera à jamais dans la mémoire collective, avec Ahmed Kadri, plus connu sous le sobriquet de «Krikèche». Leur premier sketch intitulé «Le restaurant» les propulse à jamais au rang de stars incontestées du rire. La collaboration artistique de ces deux humoristes fera le bonheur de milliers d’Algériens, jeunes et moins jeunes. Et aujourd’hui encore, leurs œuvres intemporelles continuent de ravir et de faire le bonheur d’un large public et de milliers de spectateurs à travers tout le territoire national. Dés 1969, Kaci Tizi-Ouzou commencera une longue collaboration avec de grosses pointures de la télévision et du cinéma algériens, à l’image de Benamar Bakhti, réalisateur de nombreux films dont «le Clandestin» et «Boumamar», Djaafar Bek ainsi que Abdelkrim Reguetari. L’artiste participera à la réalisation de l’émission «Irtigel» pour le compte de la télévision nationale, et animera des milliers d’émissions dont «Saha Lfadur n’wen». Il est également l’auteur d’une multitude de sketchs dont «soyons humains», «J’aime tout le monde à part…», «Le mariage raté», «les vacances», «le cafetier», «le grand prix», «le stade», «le chômeur…», et bien d’autres œuvres.

Sa dernière participation fut celle de la célébration du 52ème anniversaire du déclenchement de la guerre de révolution. Lors d’une conférence de presse, il dit : «Dites-moi mon fils, moi qui me suis sacrifié pour mon Algérie durant ma jeunesse et ayant fait rire des dizaines de millions d’Algériens durant des décennies, soit au total 55 ans de ma vie, je ne trouve pas quelqu’un qui puisse me faire rire aujourd’hui.».

Depuis sa première hospitalisation, en 2006, à l’hôpital de Koléa, Kaci Tizi Ouzou s’est retrouvé seul face à sa maladie. Une maladie Chronique qui le cloua au lit de l’hôpital et s’y retrouve seul pendant des mois. Malgré la dureté et la solitude face à ses maux, il ne cachait pas son enthousiasme, ni son humour et son humilité face à ses visiteurs qui, pour la plupart étaient des fans, venus le voir à l’hôpital ou chez lui.

Jusqu’à son dernier souffle et malgré la dégradation de sa santé, Hamid Lourari avait atteint un état de santé alarmant puisqu’à un moment, il ne pouvait même plus se retourner dans son lit, il pleurait ses écrits et nombreuses demandes de prise en charge à l’étranger restés vains : «il y a parfois des circonstances qui exigent des prises en charge à l’étranger pour être guéri.», s’exclamait-il avec amertume.

Âami Hamid a préféré s’exiler dans le silence et l’isolement en attendant la seule issue … La mort, venue le délivrer de ses souffrances, à l’hôpital Bir Traria, à l’âge de 83 ans, un 19 novembre 2014.

Mounira Amine-Seka.

Sources :

  • Dépêche de Kabylie.
  • Le Matin.

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