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Le 16 mai 1898 : naissance de Messali Hadj, un militant nationaliste algérien


messaliIl est l’un des premiers militants nationalistes à avoir formulé la revendication de l’indépendance de l’Algérie dès 1927. Messali Hadj, père du nationalisme algérien est né le 16 mai 1898.

Messali Hadj, de son vrai nom Ahmed Messali nait à Tlemcen, dans une famille très pieuse. Son père, Hadj Ahmed Messali, cordonnier, est koulougli. Sa mère, Fatéma Sari Ali Hadj-Edinne est d’origine andalouse. Son grand-père maternel est cadi et membre de la confrérie des Derkaoua. La famille Messali vit dans une pièce unique sans fenêtre, à Bab El Djiyad, près du Bastion français.

Les revenus de la famille proviennent d’une propriété de quatre hectares sise à Saf Saf, appartenant à plusieurs familles. Le jeune Ahmed travaille la terre dès son jeune âge. A sept ans, son père l’inscrit dans une école primaire française afin qu’il puisse, adulte, se défendre et demander ses droits face aux français.  A 10 ans, il est élève à la médersa de la zaouïa derkaouia du Cheikh Benyelles. C’est là qu’il s’imprègne de la philosophie de la confrérie qui le guidera durant toute sa vie. En 1918, il part à Bordeaux pour passer son service militaire. Il y passe trois années et s’éveille à la politique durant cette période. De retour à Tlemcen en 1923, il joue la provocation dans un café fréquenté par des officiers français. Il monte sur une table et crie haut et fort : « Vive Mustapha Kemal Pacha ! ». Atatürk est à cette époque l’idole des musulmans. Cette réaction lui vaut une convocation au commissariat de police.

Deux années plus tard, Ahmed Messali s’installe à Pari. Il y rencontre celle qui sera sa compagne pour la vie, Emilie Busquant. Il travaille comme ouvrier et entame un long réquisitoire contre la colonisation.

Alors qu’il est président de l’Etoile nord-africaine (l’ENA) qu’il a fondé avec d’autres compatriotes, il tient un discours radical pour ce qui est du sort de l’Algérie colonisée. Cela se passe le  27 février 1927, alors qu’il se trouve à Bruxelles pour assister au Congrès pour la lutte anti-impérialiste et pour l’indépendance des peuples opprimés, organisé par la Ligue contre l’oppression coloniale. Des délégations de grandes personnalités représentent les cinq continents. Messali fait un discours et expose le programme politique de l’ENA et se prononce pour l’indépendance totale de l’Algérie.

Son parti dissous, continue à exister. En 1934, le 5 août, l’assemblée générale de l’ENA accueille plus de 800 algériens. Le drapeau algérien y fait sa première apparition. Le 1er novembre 1934, Messali est accusé de reconstitution de ligue dissoute, arrêté et incarcéré à la prison de la Santé. Après quelques rebondissements, il entre en clandestinité l’année suivante.

Arrestations, emprisonnements, clandestinités, création d’autres partis (PPA, MTLD, MNA)… Ahmed Messali, devenu Messali Hadj, ne connait pourtant pas le doute. Pour lui, cette terre, l’Algérie, « n’est pas à vendre ».

Dans un discours prononcé le 02 août 1936, au stade de Ruisseau (Alger), il déclare :

« Cette terre bénie qui est la nôtre, cette terre de baraka, n’est pas à vendre, ni à marchander, ni à rattacher à personne. Cette terre a ses enfants, ses héritiers, ils sont là vivants et ne veulent la donner à personne. (…) ».

Pour beaucoup d’algériens à l’époque, Messali est un prophète. Avec les scouts, son Parti du Peuple Algérien (PPA) aura formé politiquement une multitude de jeunes qui prendront le maquis pour libérer le pays de la colonisation française. Et même s’il a été exclu du mouvement de libération, même si beaucoup le qualifie de traitre, et même si on l’a longtemps délibérément effacé de l’histoire, Messali Hadj sera toujours le père du nationalisme algérien. Il sera toujours le premier à avoir réclamé haut et fort l’indépendance totale de l’Algérie. On lui reproche encore son culte de la personnalité et son pouvoir excessif, et il est certain qu’il avait bien d’autres défauts, mais il restera l’une des figures les plus importantes de notre histoire contemporaine.

Messali Hadj n’obtiendra la nationalité algérienne qu’en 1965. Il mourra sans avoir pu revoir son pays natal. Décédé à Gouvieux le 3 juin 1974, il est inhumé le 7 juin à Tlemcen.

Z. M.

 

Sources :

  1. Benjamin Stora, Messali Hadj, L’Harmattan, Paris, 1986.
  2. Messali Hadj, Mémoires 1898-1938, Jean-Claude Lattès, Paris, 1982 ;  éd. ANEP, Alger 2006.
  3. Khaled Merzouk, Messali Hadj, Éditions El Dar Othmania, Alger, 2008

 

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One thought on “Le 16 mai 1898 : naissance de Messali Hadj, un militant nationaliste algérien

  1. nehili

    En 1947,Messali Hadj président du PPA séjourna à Méchéria (w.de Naama) durant 3 jours.Pendant cette période,il organisa un meeting en face du bain maure des « Méganes »(hammam el baraka).Ces faits ou évènements me furent rapportés par feu mon père Nehili Ahmed qui faisait partie du service d’ordre.

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