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Le 10 novembre 2001, survenaient les inondations meurtrières de Bab El Oued


inoLe 10 novembre 2001, de dévastatrices inondations alimentées par un violent orage ont dévalées, en flots puissants et continus, des hauteurs du quartier de Bab El Oued, tout le long de la route du Frais Vallon, emportant sur leur passagers des centaines de véhicules et se soldant par la mort de plus d’un millier de personnes et de dizaines de disparus.
Dans la matinée du 10 Novembre 2001, des pluies diluviennes, d’une rare violence, se sont abattues sur Bab El Oued, faisant  près de 800 morts et un nombre, non encore établi à ce jour, de disparus.
Le danger existait pourtant depuis 1874. L’orage, qui n’avait duré que quelques minutes, devait « ressusciter » un oued, à l’origine de l’hécatombe, qui était endormi depuis des lustres. Charriant dans sa folie des milliers de tonnes de boue, l’oued M’kessel, descendant des « gorges » du Frais Vallon qui séparent des hauteurs d’El Biar et ceux de Bouzaréah, ne constituera plus d’une menace grâce aux travaux entrepris après la catastrophe.

D’après les spécialistes, l’oued M’kessel ne quittera plus son lit, en ce sens que celui-ci est « à jamais » contenu dans un immense tunnel sous-terrain, édifié en dessous de l’autoroute Triolet-Chevalley. Un ouvrage qui aurait dû être, cependant, concrétisé il y a bien longtemps, si l’on se réfère aux archives. Pour l’histoire, des SOS ont été lancés par les riverains dès… 1874. Selon Gabriel Conesa, auteur du livre « Bab ElOued notre paradis perdu » (Robert Laffont [1970], et Editions Jacques Gandini [1995]), « presque tous les ans, lors des grosses pluies d’automne, quand les cadavres de l’été obstruent caniveaux, buses et gouttières, l’oued M’Kacel (ndlr : ainsi écrit dans le texte) déborde et inonde les bas quartiers du Pont ». On peut aussi lire : « L’oued fait régulièrement des siennes rue Fourchault, entre les Trois-Horloges et l’église Saint-Louis actuelle (ndlr : cette église sert aujourd’hui de bibliothèque, relevant de la wilaya d’Alger), en inondant les écuries Jaubert.

Chaque automne ou presque, il faut sauver les percherons de la noyade et tirer au sec les galères, ces lourds chariots aux roues arrière plus hautes que les roues avant qui transportent la pierre sur les chantiers et sur le Front de mer alors en construction de l’Amirauté aux portes Bab Azoun… ».

L’ administration coloniale a en 1874 fait canaliser la rivière entre le trou Bonnifay et la mer, les travaux ayant été réalisés par un certain M. Jaubert qui exploitait à l’époque une carrière. Au moment de payer l’entrepreneur, poursuit l’auteur, on s’aperçoit qu’il n’y a plus de crédits ! « En dédommagement, on lui donne la rue Franklin ou plutôt le terrain vague sur lequel elle sera tracée plus tard et qui, dans ses limites, englobe un vieux cimetière israélite. L’oued ne s’est pas cru quitte pour autant : en 1900, il sort de son lit, menace de faire fondre comme sucre les maisons de torchis et de noyer les cigarières -Bab El Oued. » Cela dit, l’oued M’kessel « refait surface », plusieurs années plus tard, précisément le 23 janvier 1937. Il ne s’agit pas d’inondations torrentielles, mais d’un courrier adressé par le maire de la capitale au Préfet d’Alger. Il tire la sonnette d’alarme : « (…) Des quantités considérables de terres dont une grande partie vient de se déposer dans la section couverte de l’Oued M’Kacel provoquant, chaque hiver, son ensablement.

C’est ainsi qu’à la suite des pluies torrentielles de 1935, l’obstruction de l’ouvrage a été presque complète, la quantité de terres déposées s’étant élevées à 5 000 m3 environ. (…) On peut donc craindre une obstruction complète de la partie couverte de l’oued et l’inondation des quartiers bas de Bab El Oued qui en serait la conséquence.

Si l’on ne peut dire aujourd’hui si la catastrophe de 2001 aurait pu être évitée, souhaitons que les autorités, désormais avertis des risques, prennent les mesures nécessaires, pour protéger la population. 

Source :

Djamel Zerrouk, EL watan du 10/08/2004

 

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