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L’architecture néo soudanaise au Touat, suite et fin


muséeLes régions sahariennes de l’Algérie, notamment au Touat  sont marquées par une architecture principalement ksourienne. Elle est l’expression éloquente d’une configuration sociale issue d’un savoir-faire millénaire. Nous retrouvons cela dans toute les contrées ksouriennes de l’Algérie, notamment chez les zénètes et les mozabites. C’est « un bâti qui préserve l’organisation des rapports sociaux : rapport entre les sexes, rapport au religieux…. »

 « Une invention coloniale » est venue se greffer à cette architecture dite néo-soudanaise. Le parfait exemple en est l’actuel musée Saharien de Ouargla, bâtit en  1936,  qui était à l’origine, la résidence du gouverneur militaire durant la période coloniale. Nous pouvons également évoquer  l’hôtel de ville « l’Oasis Rouge » de Timimoun, et sa fameuse chambre  n° 4, célèbre pour avoir accueilli comme hôte, la grande duchesse du Luxembourg en 1926. 

L’architecture néo soudanaise post-coloniale

Dans une Algérie post-coloniale, l’on constate une nette confusion de l’identité stylistique et architecturale du Touat; ainsi  l’Université Africaine ou encore l’hôtel Touat, édifice éponyme et véritable joyau architectural de la région, sont tous deux  inspirés de l’architecture néo soudanaise. Devenu un point incontournable pour les touristes, l’hôtel s’impose comme étant un symbole de  grandeur, d’une région qui s’étend sur plus de  425 000 km2, compte prés de 294 noyaux anciens d’agglomérations.

De fait, « le corpus ou le répertoire stylistique » dans lequel puisent les architectes algériens de nos jours, quand ils s’adonnent à la création architecturale se voulant « traditionnelle », se trouve ironiquement, dans celui qui fut tout d’abord composé par Jonnart   au début du XXème siècle, puis « amélioré » par Pouillon et consorts à partir des années cinquante. Il s’agit donc d’une architecture dite traditionaliste, sans doute par volonté publique sous-jacente à tout projet, de « caractériser le cadre bâti, dans la continuité de « l’héritage colonial ».

 L’apparition d’un urbanisme saharien coïncide avec une entreprise coloniale qui commence au début du XXe siècle avec les premières incursions de colonnes militaires françaises vers un Sud désertique, qui était pour eux : à découvrir et à conquérir ». On parla pour la première fois « d’architecture saharienne »  dés les  50 dans l’œuvre de Jean Godard : « l’oasis moderne, essai d’urbanisme saharien » qui en présente les initiaux fondements, dans un chapitre intitulé « Recherche d’un type saharien ».

L’architecture est L’expression  d’un fait culturel lié à une époque, mais surtout à une pensée. Elle demeure un fait marquant de la mémoire collective. Les édifices, les habitats et divers lieux  nous renseignent sur  l’idéologie prédominante d’une période donnée, nous permettant d’identifier  les influences de ses bâtisseurs. L’architecture néo soudanaise au Touat, emprunte d’anachronisme, introduit un aspect  d’urbanisme au détriment de l’architecture locale dite ksourienne , elle serait « une  volonté politique d’organiser un territoire, ses populations et leurs activités [ ]. »

Leila A

 

Sources :

  1. A Ravéreau, « Le M’Zab, une leçon d’architecture », (Éditions Actes Sud Sinbad, Arles, 2003) ( citation)
  2. Jean-Pierre Frey, « Adrar et l’urbanisme ou la sédentarisation erratique des oasis du Touat » , Revues.org  (citation)
  3. Martin A.-G.-P., 1908, « À la frontière du Maroc, les oasis sahariennes (Gourara, Touat, Tidikelt) », tome 1, Alger, Imprimerie algérienne, 406 p. (2 cartes hors-texte).
  4. Foureau F., 1903, « D’Alger au Congo par le Tchad », Paris, Masson
  5. Godard J. (Cdt), 1954, « L’oasis moderne, essai d’urbanisme saharien », Alger, La Maison des livres
  6. Verlet B., 1958, « Le Sahara », Paris
  7. Bernard A., 1910, p. 260 : « Sahara algérien et Sahara soudanais »
  8. Khedidja AÏT HAMMOUDA-KALLOUM, « L’architecture urbaine à Adrar , modèle imposé ou esthétique recherchée ? » Une architecture qui ne dit pas son nom » . Archi-mag.com  

 

 

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