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La romancière à la plume trempée dans la culture algérienne : Assia Djebar, n’est plus…


Plume de romancière trempée dans la culture algérienne dans ce qu’elle a de plus authentique, exception maghrébine s’étant imposée par son œuvre à la plus haute et plus prestigieuse institution de la langue de Molière et une militante des libertés humaines et particulièrement de l’émancipation des femmes, Assia Djebar célèbre auteure algérienne d’expression française n’est plus.

Née le 30 juin 1936 à Cherchell, Fatma-Zohra Imalayène, de son vrai nom avait marqué plusieurs générations d’algériens d’abord par son œuvre qui l’a mise au jour dès la fin des années 1950, puis en exerçant avec brio sa passion de l’enseignement de l’histoire à l’université d’Alger, de France et des Etats-Unis avant de forcer les portes de la prestigieuse académie française en sa qualité de seule maghrébine élue et de marquer par cette élection et par ses nominations au Nobel de littérature l’esprit des plus jeunes.

Dès son jeune âge Assia Djebar avait fait montre d’engagement pour la cause nationale alors qu’elle était étudiante en histoire en France en prenant part en 1956 à la grève de l’Union générale des Étudiants musulmans algériens et se fait exclure de son cursus, un événement à la suite duquel elle publie son premier roman «La soif» en 1957.

Déjà à cette époque ou elle poursuivait ses études en histoire à l’Ecole normale supérieure de jeunes filles de Sèvre, Assia Djebar avait été la première étudiante algérienne et aussi la première étudiante musulmane à intégrer cette école.

Elle sera, quelques années plus tard, tout aussi exceptionnelle mais dans un tout autre contexte, celui de l’Algérie fraichement indépendante qui commence à se construire un avenir et qui fait appel à ses enfants pour cela dont Assia Djabar nommée premier et seul professeur d’histoire moderne et contemporaine de l’Algérie.

Les premières années de l’indépendance ont vu la naissance dans la bibliographie de l’auteure de « Les Enfants du Nouveau Monde » (1962), «Les Alouettes naïves» (1967), «Poèmes pour l’Algérie heureuse » (1969) puis de «Rouge l’aube» écrite la même année pour le théâtre.

Pendant une dizaine d’années, elle délaisse l’écriture pour se tourner vers un autre mode d’expression artistique, le cinéma, elle réalise deux films, «La Nouba des Femmes du Mont Chenoua » en 1978, long-métrage qui lui vaudra le Prix de la Critique internationale à la Biennale de Venise de 1979 et un court-métrage «La Zerda ou les chants de l’oubli » en 1982.

Dans les années 1990, qui ont vu l’édition de «Loin de Médine » et de «Le blanc de l’Algérie», Assia Djebar avait reçu de prestigieux prix littéraires internationaux en Belgique, en Allemagne, en Italie et en France.

Après avoir enseigné à New York, elle fait encore une fois l’exception en 2005 en devenant la première et seule maghrébine élue au fauteuil 5 de l’Académie française où elle est reçu en juin 2006.

Comme un autre écrivain de génie de la même génération, Kateb Yacine, Assia Djebbar a dans ses œuvres dépeint la condition de cette génération d’algériens instruits ballottés entre deux univers où ils ont été obligé de prendre leurs marques et de s’y imposer malgré les déchirements qui en résultent et qui ont souvent inspiré leurs œuvres.

Aussi la romancière a toujours mis en avant le rôle de la femme algérienne pendant la guerre de libération puis dans la construction de l’Algérie indépendante avec un grand désir d’émancipation clair dans ses œuvres en plus d’un grand engagement contre la misogynie et la régression des mentalités.

Décédée vendredi soir en France, Assia Djebar sera inhumée selon sa volonté dans sa région natale de Cherchell qui avait vi naitre 79 ans auparavant une femme de lettre d’envergure universelle dont la vie a été un enchainement d’exceptions, de réussites et de militantisme.

Mohamed Rafik

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