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La musique au féminin – Partie I – le Tindé


badi 3« La musique est peut-être l’exemple unique de ce qu’aurait pu être – s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées – la communication des âmes.» La musique  chez  les Kel Tamasheq se conjugue au féminin. Elle est une manifestation courante lors des scènes de vie quotidienne, elle est aussi l’exaltation du raffinement  légendaire de la femme targuie.

 

Le Tindé, un instrument aux multiples usages

Le Tindé  est un instrument omniprésent dans la vie des Kel Tamasheq, il est à la fois un ustensile de cuisine et un instrument de musique. Cette double fonction lui procure  une grande popularité auprès des femmes targuies qui en jouent lors des fêtes, célébrations et cérémonies.

Tout comme les pilastres, qui permettent d’ériger  la tente tamasheq, l’instrument est fabriqué à partir d’un tronc  d’acacia, et là encore, c’est une besogne qui revient à la femme. Le Tindé est un mortier de taille variable, utilisé pour piller céréales, épices, produits divers : médicinales et esthétiques. Lorsque vint l’heure de  se détendre et se distraire, il est transformé en percussion. Cela souligne une ingéniosité remarquable, sans doute par soucis d’économie de matière. Recouvert d’une peau de bête, il accompagne les soirées tièdes autours du feu, sous un ciel clairsemé  d’étran (étoiles).

Une chanteuse, accompagnée d’un chœur interprète poésies et mélopées,  relatant le passé guerrier de la tribu, les prouesses et légendes d’antan. Youyou et claquements des mains ponctuent le jeu du Tindé. Deux femmes se tiennent  à proximité de la joueuse de Tindé, elles humectent la peau du tambour durant toute la durée de la soirée.

Il existe deux variantes de ce jeu : « le Tindé Nomnas » qui concerne les chants d’éloges, et le « Tindé n´Gouma », qui signifie Tindé de possession, et lequel se trouve dédié aux chants d´exorcisme. Transcendants  et hypnotiques, à l’instar de toutes les musiques de transes, les rythmes joués sont cycliques et vont crescendo.

En Algérie, Badi Lalla, «la diva»  tant admirée de l’Ahaggar, et dont la notoriété s’étend du Tassili  n’Ajjer, jusqu’à  l’Adrar des Ifoghas, est l’une des joueuses de Tindé des plus virtuoses de son temps. Elle chanta  auprès d’Ali Farka Touré, et continue de nos jours à chanter et à jouer du tindé. D’ailleurs, à la scène du FIATAA  2015 : Festival International d’Abalessa des Art de Ahggar, sa présence ne laissa personne indiffèrent…

Un vecteur identitaire

Le Tindé  de nos jours est porté  à l’universalité, et véhicule la culture et les racines des Kel Tamasheq. Des groupes introduisent divers instruments tels que la guitare électrique, le ngoni, le karkabou  citant  Tindé Disswat et Tartit, ce dernier obtient la distinction « meilleur  album africain »  par le magazine Rolling Stone US et Inrockuptiples pour l’année 2007.

Fatimata Wallet Oumar , leader charismatique du Groupe Tarit est également  présidente de l’association  « Tartit n’chetma » et porte-parole des femmes réfugiées touaregs  au  Burkina Faso

A suivre

Leila. A

  1. Illustration : Photographie  de la chanteuse « Badi Lalla » et sa troupe lors de la fête de Tin Hinan à Abalessa, Ahaggar (http://sahara-eliki.org/fr/ALGERIE/photos.htm)

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