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JUBA II : UN ROI BATISSEUR – Partie II : le rayonnement des arts –


Juba II créa une université pour les sciences, les lettres et les arts, qui devint un centre de rayonnement dans le bassin méditerranéen ; il composa une encyclopédie générale de toutes les connaissances humaines en 7 volumes qui a servi de références pour l’ensemble des historiens de l’époque, tels : Tite-Live, Alexandre de Milet, Diodore de Sicile, entre autres. Pline l’Ancien le cite en disant qu’il était « plus connu pour son savoir que pour son règne… ».

Le règne de Juba II dura près d’un demi-siècle. Son titre royal et son nom étaient inscrits en latin sur sa monnaie. De grandes prédispositions pour l’écriture lui ont permis de rédiger des ouvrages sur l’histoire de Rome, les institutions et les mœurs communes aux Grecs et aux Romains, sur l’Arabie, les Assyriens, la Lybie, sur des thèmes aussi variés et complexes que la grammaire ou le théâtre ; il fut critique d’art, géographe, naturaliste et poète. Il rédigea de nombreux ouvrages en grec et obtint, en son temps des récompenses et des trophées : la ville d’Athènes érigea une statue en son honneur, auprès d’une bibliothèque de la ville, et le sénat de Rome lui transmit une couronne en ivoire et or. De célèbres écrivains se servirent de ses connaissances en botanique  en géographie et en zoologie.

Plutarque, le célèbre historien, s’est inspiré de ses œuvres et y puisa de nombreux renseignements. Juba II possédait une importante bibliothèque et un secrétariat chargé de copier tous les textes importants ; il était entouré d’artistes, d’érudits et de savants ; son médecin personnel était le Grec Euphorbe. Il aimait le faste, le raffinement, et les objets précieux, cet amour des arts qu’il imprima à sa ville,

En 1910, des chercheurs ont découvert au port une galère antique en acajou, pleine d’amphores et de jarres, preuve en est qu’une intense activité maritime existait alors. Césarée possédait un port militaire et un port marchand, dont le tracé subsiste  sous les eaux et qui était le plus important de la côte africaine.

L’activité maritime de la ville permit une expédition vers les iles Canaries, à Mogador (Maroc), où ses marins fondèrent une teinturerie, et vers différents  ports de la Méditerranée où il a entretenu des relations commerciales : en Espagne, (Gadès, Carthagène, Tarragone), ainsi qu’en Italie et en Gaule (France).

A la mort de Cléopâtre-Séléné en 05 avant J.-C.,  Juba se remaria avec une princesse, Glaphira, fille d’un roi du Cappadoce (actuellement une région de la Turquie), laquelle était veuve d’un des fils de l’historien juif Hérode, Alexandre, roi de Judée. Cette union se réalisa alors que Juba II était en voyage en Orient, mais, de retour à  Césarée, Glaphira resta chez elle, ce qui laisse penser à une répudiation (le couple n’eut pas d’enfants).

 JULIA CAESAREA, SA CAPITALE

Grand amoureux des arts et des lettres, Juba II imprima à sa ville ses goûts de faste et de raffinement. Des édifices, des routes, des travaux publics, des palais et des villas, une importante statuaire et des mosaïques, dont la plus grande partie est encore enfouie dans les entrailles de la terre, attestent de la magnificence de Césarée sous son règne.

Image1 LES MOSAÏQUES

 Le musée aux mosaïques, (situé à l’entrée gauche de la ville, ex-Parc Bocquet), abrite une grande variété de mosaïques, allant de simples compositions géométriques, jusqu’aux esquisses figuratives et aux thèmes de l’époque : mythologiques (La Toilette de Vénus), sociales (travaux des champs, vendanges, labours, un cavalier numide, etc.). Tout en servant d’ornements des murs et des sols des maisons et des palais, la mosaïque a permis de découvrir la vie citadine et pastorale des habitants de l’époque. L’une d’entre elles a figuré sur le billet de 1000 francs, monnaie de la période coloniale. Parmi les plus représentatives, Les 3 Grâces, Le Cheval Mucossus, Les Noces de Thétis et de Pélée, Le combat des centaures et des fauves, la légende d’Achille, Ulysse et les sirènes, etc.

 LA STATUAIRE (musée de Cherchell, datant de l’époque coloniale, Place Romaine).Image2

–       L’Apollon de Cherchell, trouvé dans les fouilles d’une maison en 1910, en marbre.

–       La Vénus, découverte en 1857, dans les Thermes de l’ouest

–       Diane chasseresse, ainsi que les têtes de Cléopâtre, Cléopâtre-Séléné, et Juba I et II,  une femme drapée, l’empereur Auguste, cuirassé, Hercule, Esculape, la déesse Isis, Ptolémée, fils de Juba II, et des dizaines de statues non identifiées, qui meublent les allées et les salles du musée de Cherchell.

 

Plusieurs vestiges, pierres, frontons, bas-reliefs, tronçons de colonnes, chapiteaux, fragments d’architecture parsèment la ville çà et là, à différents endroits, tels le stade municipal, la Place Romaine, décorée en son centre d’une fontaine ornée de quatre têtes colossales, devant la façade du musée, au centre-ville, etc.

A suivre 

Nora Sari – Professeure  de Français en retraite – Journaliste, écrivaine.

Contribution : Association Aasppa_Athar bullletin n°9

Partie I : http://www.babzman.com/2015/juba-ii-un-roi-batisseur-partie-i-presentation/

Contact :

association_athar@yahoo.fr/ https:

https://www.facebook.com/pages/AssociationAthar/358013630946499?fref=ts

 

Sources :

  1. « De Iol à Césarée à…Cherchell ». Kamel Bouchama. JUBA Editions. 426 P. 2008
  2. « Iol, Césarée, Cherchell, une cité millénaire d’art et d’histoire ». Mohamed Chérif Ghebalou. 190 P.   2010

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