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Isabelle Eberhardt, la musulmane controversée 


Isabelle_Iberhardt

Écrivaine et journaliste, l’Européenne Isabelle Wilhelmine Marie Eberhardt demeure sans aucun doute l’une des personnalités des plus controversées du début du XXe siècle, en raison de ses prises de position et de son parcours unique et original.  

Le pays d’adoption d’Isabelle Eberhardt est l’Algérie, son adhésion à l’islam d’obédience soufie la motivera de manière directe à œuvrer pour l’union de l’Orient et de l’Occident, des musulmans et des chrétiens, de la société du nord de l’Afrique avec la civilisation française. 

Est-elle pour autant anticolonialiste ? La question reste posée dans nombre d’écrits. A sa mort en 1904, elle n’a encore rien édité, quoi que ses nouvelles soient dispersées dans des revues et journaux. Sa nouvelle Yasmina (1900) atteste d’un esprit prémonitoire, celle de sa propre personne qui appréhende la mort. Un texte dans lequel elle démontre son appartenance à la religion, ce qu’elle appelle par ailleurs « la résignation islamique »

. Elle s’y affirme aussi sur la coexistence des Français et des Algériens, des musulmans et des chrétiens : « Yasmina entendait tous les Arabes des environs se plaindre d’avoir à payer des impôts écrasants, d’être terrorisés par l’administration militaire, d’être spoliés de leurs biens… Et elle en concluait que probablement ces Français bons et humains dont lui parlait Jacques ne venaient pas dans son pays, qu’ils restaient quelque part au loin ».

 Reconnue comme une grande humaniste, son amour pour ce peuple musulman et arabe d’Afrique du Nord n’implique pas une vision anticoloniale claire. Dans tous ses écrits  : série considérable d’articles, récits, témoignages, nouvelles, romans, son message repose, en grande partie, sur l’islam. Tout au long de son itinéraire, elle a affectionné le reportage de société livré avec grande sincérité, non sans faire de la religion musulmane une identité, une raison de mieux vivre. La première fois qu’elle a débarqué en Algérie, c’est en mai 1897 en compagnie de sa mère. Isabelle Eberhardt s’installe à Bône (Annaba actuellement) où sa mère est enterrée. Elle découvre alors l’islam et se convertit sous la nomination masculine de Mahmoud Saadi. Elle porte alors une tenue d’homme local comme pour s’assurer de son intégration dans sa nouvelle société. 

La jeune femme décèdera, en 1904, dans la crue de l’oued d’Ain Sefra où elle repose dans le cimetière musulman Sidi Boudjemaâ. Elle n’a alors que 27 ans.   

 

Mohamed Redouane 

 

Sources 

  1. Isabelle Eberhardt : regards, désirs et création d’une mystique Dr Ali-Khodja Djamel,  département des Langues étrangères Université Mentouri. Revue Sciences Humaines n° 13. Année 2000.  
  2. Yasmina d’Isabelle Eberhardt dans Biblisem.  
  3. Isabelle Eberhardt. Notes de route/Maroc-Algérie-Tunisie. Textes réunis par Victor Barrucand (bibliothèque numérique romande, 1908).  
  4. Image : Isabelle Eberhardt en costume berbère, vers 1900.

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