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Information historique et socioculturelle sur l'Algérie

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Ifri ou Oran, une histoire de plus de 15 siècles…


Cheikh Tayeb Al Mhaji, Pierre Benichou, Alain Chabat, Maurice El Mediouni, Abdelkader Alloula, Ahmed Zabana, Ahmed Wahbi, Jean Pierre El Kabbach, ou encore le talentueux Yves Saint Laurent … Différents destins, différentes origines, mais tous nés à Oran.

Cette heureuse capitale de l’Ouest, la « Ville espagnole » chérie par ses habitant qui ne peuvent l’évoquer sans accrocher son nom à un qualificatif d’amour : »Wahren el Bahia » (la radieuse).

Durant la préhistoire, Oran avait pour nom « Ifri » qui signifie « les cavernes, avant de prendre le nom arabe Ouahran, qui signifie « endroit aux lions ». Lors de sa refondation en 902-903 par les marins Mohamed Ben Abu Aoun et Mohamed Ben Abdoun et un groupe de marins andalous appuyés par les Califes de Cordoue. Elle connut une grande prospérité sous la dynastie Zianide, mais fut entravée par l’occupation espagnole en 1509. Libérée deux siècles plus tard, en 1732, elle devient totalement affranchie en 1792, mais deux ans plus tard, un violent séisme fit 2 000 victimes.

Sous les Beys de l’Ouest, le siège du Beylicat fut transféré de Mascara à Oran où ils ils résidèrent jusqu’en 1830. Une époque où son port eut une solide renommée dans le commerce international.

mosquée oranLa mosquée du Bey Mohamed El Kébir, fut achevée en 1793 qui a servi de madersa (école), dite de Kheng en Natah et de cimetière familiale du Bey. Le même année, le Bey appelé le borgne, fit édifier le mausolée du Saint Patron de la ville, au nom de Cadi Boulahbel. En 1794, des pèlerins venus de la Mecque apportèrent une nouvelle épidémie de peste et la ville est pratiquement déserte. En 1796, la mosquée du Pacha, nommé en l’honneur de Hassan Pacha, Dey d’Alger, est construite. Le premier imam de la mosquée : Sidi Mohamed Es Senni Al Mahaji, fût l’un des conseillers du Bey d’Oran et avait comme fonction inspecteur principal, sous le règne du Bey Mohamed El Kébir. Après le départ des espagnoles, Oran resta pendant 39 ans sous le règne turc.

C’est le 14 janvier 1831 que la cité est investie par l’armée française et passe sous domination coloniale. Elle comptait alors 4 000 habitants.

Un siècle plus tard, elle est démographiquement, la vile la plus européenne du pays, mais compte la population espagnole à la prépondérance numérique.

En 1948, Oran compte 352 721 habitants dont 65% sont européens, eux mêmes plus nombreux que les algériens.

Le café El Wided est créé par un groupe de militants nationalistes en plein centre ville, en 1943. Au fil du temps, il devient un centre de regroupement des différentes tendances représentatives des parties de l’époque. Après les massacres du 8 mai 1945, des familles oranaises adoptèrent des enfants venus de l’Est du pays.

C’est en mars 1949, dans un des hôtels d’Oran, Ben Bella et Aït Ahmed, les deux responsables de l’OS et du PPA, en compagnie de Hamou Boutellis, préparent le cambriolage de la poste d’Oran, un casse qui leur rapporta 3 070 000 francs de l’époque. Un pactole qui servira l’insurrection armée, déclenchée le 1er novembre 1954.

Oran la radieuse, comme toutes les grandes ville algériennes, a su non seulement garder son identité, mais a su s’imprégner de l’influence de ses occupants successifs.

Mounra Amine-Seka.

Sources :

  • Dictionnaire des amoureux de l’Algérie, par Malek Chebel, Editions Plon, 2012.
  • Dictionnaire des ocalités algérienne, par Achour Cheurfi, Editions Casbah, 2011.

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