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Partie II : LE PROFIL PARTICULIER DU DOUA’K CHAÄBI, par Dr R. Messaoudi


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Les couleurs du chaâbi son tellement variées et lumineuses dans ses différents registres qu’il est indélicat d’en brouiller la beauté par un pêle-mêle naïf ou ignorant.

Le doua’k frisonne à l’écoute d’une note, une mélodie même fugace, une diction appuyée là où il se doit, un mot prononcé par le chanteur et qui devient une légende puérile sur le coup, un habillage musical nouveau sur un texte ancien…

 

C’est pourquoi l’attente du doua’k est la surprise que seul un maître ou un chanteur amateur est seul capable de révéler.

Vous les verrez quémander sur des étals de fortune la soirée de telle date pour en comparer le programme de telle autre. Dès que leur trophée est en main , ils s’engouffrent dans leur voiture avec ceux qui leur ressemblent en perception, écartant les bavards, pour disséquer les chansons de leur idole. Ils s’enferment dans leur chambre pour voyager dans l’écoute, accédant à un monde qui leur semble leur propriété. Ils questionnent  les lettrés ou les figures marquantes sur un mot, un mode musical ou sur la morale d’un texte avec une avidité presque pathétique.

Quand ils se croisent, ils se perdent en commentaires sur telle ou telle parcelle d’une soirée et se promettent d’échanger des Cd comme on échangerait des timbres précieux.

Le niveau scolaire n’est pas déterminant pour faire partie du cénacle. Seule la sensibilité voulue suffit. Le doua’k n’a aucune honte à chercher, à vouloir écouter et comprendre. C’est le haut sens du partage qui l’anime. En cela, ils ressemblent aux poètes qui ont écrit pour eux.  D’ailleurs, ils s’abreuvent de leur morale, de leurs métaphores, de l’acuité de leurs connaissances des relations humaines, s’identifient à l’amoureux ou au croyant, glanent les sagesses glissées entre les lignes….

Ils sont toujours prêts à s’embarquer pour une croisière dans le vaste océan du chaâbi riche de plus de six mille ilots à découvrir.

En définitive, il y a une sorte de smic du doua’k. C’est une élite au cœur même du peuple et dont il faut souhaiter l’élargissement. Notre famille sera plus grande quand le chaâbi se popularisera progressivement par la grâce d’une pédagogie soutenue et qui doit impliquer tous les fervents artisans de notre patrimoine.

 

Retrouvez la première partie sur babzman : http://www.babzman.com/2014/le-profil-particulier-du-douak-chaabi-premiere-partie-par-dr-r-messaoudi/

 

Dr R. M.

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