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Guerres puniques -Partie 1 – La première confrontation entre Rome et Carthage


guerre punique 1I – Rome et Carthage se disputent Messine 

Les deux plus grandes civilisations qui régnèrent sur la Méditerranée, allaient s’affronter dans une guerre qui durera cent ans. Ce conflit armé était-il inévitable ? Pour certains spécialistes, la réponse est à chercher dans l’évolution de l’empire romain, où praticiens et plébéiens se disputaient le pouvoir et allaient, fatidiquement, s’opposer à l’empire commercial et maritime de Carthage. 

Pourtant, les relations entre Rome et la cité punique ne laissaient pas présager de conflit : de nombreux traités ont été conclus entre les deux cités, entre le 4ème et 3ème siècles, instituant un semblant d’équilibre des forces. 

En plus, Rome et Carthage ont eu l’occasion de faire front commun contre Pyrrhus, le roi de l’Epire, royaume situé de l’autre côté de l’Adriatique, en -278. (Zone montagneuse entre la Grèce et l’Albanie actuelles)Les deux cités s’étaient mis d’accord pour ne traiter qu’ensemble avec l’envahisseur, et Carthage s’était engagée à fournir à Rome argent et navires, dans le but de contenir celui qui voulait reconstituer l’empire d’Alexandre en Italie. 

C’est plutôt dans les conséquences de cette guerre contre Pyrrhus qu’il faudrait chercher les raisons des guerres puniques. En effet, Rome a pris le contrôle de la Grande Grèce, c’est-à-dire la botte italienne et des cités comme Tarente (tombée en -272) et surtout Rhegion, permettant à Rome de contrôler une partie du détroit de Messine, alors que Carthage en contrôlait une partie, créant de facto une tension entre les deux empires. 

D’ailleurs, la cause immédiate de la guerre a trait à ce qui est convenu d’appeler l’affaire de Messine. En effet, à la mort d’Agathocle de Syracuse en -289, d’anciens mercenaires du défunt tyran, que l’on appelle Mamertins ,  s’emparent de la ville de Messine. Le nouveau tyran de Syracuse, Hiéron II, décide de marcher contre les Mamertins et de prendre le contrôle de la ville. Messine fait alors appel à Carthage, qui possède une garnison dans la ville, pour vaincre Hiéron. Ce qui fut fait. Syracuse doit renoncer à Messine. Mais demander l’aide de Carthage, c’était s’exposer à une mise sous tutelle de la part de cette dernière, ce que ne voulaient pas les Mamertins, qui  décident, alors, de remettre leur destin entre les mains de Rome. 

Rome hésite : elle a pactisé avec Carthage et s’est engagée à ne pas intervenir militairement en Sicile. Mais prendre le contrôle de Messine serait un atout considérable pour elle, qui serait seule maitresse du détroit de Messine, certainement le carrefour commercial le plus important de Méditerranée. 

Après moult hésitations et palabres,  Rome envoya une armée secourir les Mamertins en 264 av. J.-C., déclenchant la première guerre punique. 

 

II Le déroulement des hostilités 

 La première confrontation entre Rome et Carthage eut lieu devant les murailles de Messine, au cours de la bataille éponyme. La garnison carthaginoise est chassée sans heurts notables de la ville, qui passe sous le règne romain. Carthage semble avoir voulu éviter une guerre ouverte avec cette dernière. Après une courte période de vaines négociations, l’armée carthaginoise est battue par les légions de Claudius.  

Cette bataille  contraignit Hiéron à se retirer. Claudius se retira de Sicile, laissant une forte garnison à Messine, mais ne parvint pas à imposer la paix : la guerre allait encore durer 23 ans.  

Si l’essentiel des opérations terrestres vont se dérouler en Sicile, Rome a dû, pour la première fois de son histoire, livrer bataille sur mer, afin de briser la toute-puissance carthaginoise en Méditerranée occidentale. Selon la légende, Rome aurait construit 120 navires de type quinquérème en seulement 60 jours, à partir de l’épave d’un navire carthaginois échoué. C’est en effet la première fois que Rome  se dote d’une flotte de guerre digne de ce nom. Bien que les cités alliées d’Italie du Sud, fournissent à Rome des navires de guerre, c’était bien loin d’être suffisant contre Carthage. Les Romains, savaient très bien que le fait de posséder un nombre conséquent de navires ne leur permettrait pas de vaincre les carthaginois sur le terrain qu’ils maitrisent le mieux : la mer. 

Rome va, pourtant, remporter un grand nombre de victoires navales, 

En Sicile, la situation est plus complexe à cause du constant renfort carthaginois envoyé sur l’île, qui ne tombera définitivement qu’à la fin du conflit. 

 

Comme les Syracusains avant elle, Rome décida d’attaquer Carthage sur son territoire, afin de la vaincre définitivement. Sûre du soutien de ses alliés numides, Rome ne prend la peine d’envoyer qu’un seul consul, Regulus, à la tête de deux légions, qui débarque au cap Bon en -256.  Après avoir ravagé la ville de Kerkouane et mit le siège devant Tunis, Regulus propose une paix aux conditions scandaleuses pour Carthage : l’abandon de la Sicile. L’armée carthaginoise profite de l’hiver pour reconstituer ses forces et, au printemps, dirigée par le général mercenaire spartiate Xanthippe, inflige une cuisante défaite aux légions de Regulus, qui avait accepté le combat avant d’avoir reçu des renforts de Rome. Carthage fit 500 prisonniers, dont Regulus, qui mourut en captivité. 

III  Un conflit épuisant 

Loin d’avoir mis un terme au conflit, la guerre repart de plus belle. Après la perte de deux de ses légions, Rome réagit vite et réussit à récupérer les rescapés du massacre au cap Bon, avec 200 navires. Mais une tempête décime la flotte de sauvetage au large de Camarina, au Sud-Est de la Sicile. Démarre alors une guerre de position qui durera une dizaine d’années, ponctuée de combats dont l’issue ne sera décisive ni pour l’un ni pour l’autre. 

 

Pendant ce temps, l’effort de guerre permanent épuise les deux puissances. Aucun conflit aussi long n’avait eu lieu sans trêve jusqu’alors. La construction de navires de remplacement à ceux détruits au cours des combats ou des tempêtes est continue. Rome est obligée de recourir à une augmentation des taxes et à un emprunt extraordinaire. Les quelques pauses, toujours de courte durée, servent à reconstituer les forces de chacun. Rome parvient peu à peu à reprendre la main sur la Sicile, renouvelant sans limite de temps son alliance avec Syracuse. 

Un évènement allait compliquer davantage la tâche de Rome à partir de -247 : le grand général carthaginois Hamilcar Barca débarque en Sicile à la tête d’une petite troupe de mercenaires, reprend une bonne partie de l’Ouest de l’île. Jamais vaincu, il mènera des assauts jusque sur la côte Sud de l’Italie. Il faut attendre le dénouement final de ce conflit pour qu’Hamilcar cesse d’être une menace pour Rome. 

En -242, la guerre prit un répit. Les finances de Rome sont désastreuses. Pour reconstruire une flotte, les riches citoyens de Rome font construire sur leurs propres deniers des quinquérèmes, reconstituant ainsi une flotte de 200 navires. Depuis sa première victoire navale, Rome avait gagné une certaine expérience du combat sur mer. 

Carthage expédie toute sa flotte, forte de 250 navires, contrer la flotte romaine qui avait mis le siège devant le port de Lilybée.  Malgré leur infériorité numérique, les Romains, plus expérimentés que les équipages puniques recrutés à la hâte, détruisent la majeure partie de la flotte carthaginoise. C’est une victoire décisive que vient de remporter Rome : Carthage est incapable de se relever de cette cuisante défaite et accepte de signer la paix avec Rome en -241. 

La première des conséquences de cette première guerre punique fut d’abord la cession totale de la Sicile à Rome. L’île devient la première des provinces romaines, qui, un jour, borderont toute la Méditerranée et au-delà. Rome met aussi la main sur tous les îlots au large de la Sicile. 

À la fin de cette guerre, Rome est devenue une véritable puissance navale, mais elle n’entretiendra pas cette flotte dans la durée, ce qui lui manquera cruellement lors de la deuxième guerre punique. 

Azzeddine B.

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