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Information historique et socioculturelle sur l'Algérie

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El bechna, la petite graminée aux multiples vertus


bechSurnommée autrefois  « le grenier à blé romain », et reconnue comme étant une terre prospère et exportatrice de céréales aux temps des ottomans; l’Algérie produit  de nos  jours environs 40 millions de quintaux annuels de céréales.

La céréaliculture en Algérie est composée principalement (par ordre décroissant) de blé dur, blé tendre, d’orge mais aussi et en plus faibles taux de productions, d’avoine et de maïs. 

Il existe cependant une graminée méconnue, aux multiples vertus, et qui pousse ça et là dans nos oasis, elle a pour nom local : el bechna. Cultivée en très petites quantités dans les régions  sahariennes de l’Algérie, on la trouve également sous le nom de mil ou millet dans les zones  sahéliennes arides et semi arides de l’Afrique, c’est-à-dire au Nigeria,  Burkina, Niger, Tchad, Sénégal, Mali, ainsi qu’en Mauritanie où se trouvent les plus antiques vestiges de sa domestication et dont les scientifiques font remonter l’existence, à plus de 3000 ans .

Bien que l’Algérie ne figure pas dans les données mondiales des pays producteurs du mil (el bechna), cette petite graminée perlée, céréalière, et fourragère, constitue un apport nutritif important et jouit d’une place de choix dans la vie des oasis sahariennes.

Il s’agit à proprement parler, d’agriculture de subsistance, j’en ai aperçu pour la première fois à Assihar (le célèbre marché de Tamanrasset) ; et pensant qu’elle fut introduite par le Niger ou par le Mali, c’est à mon plus grand étonnement que je l’a retrouve cultivée dans les jnanes (jardin) du Gourara. Plus tard, un ami de Djanet me confirme qu’elle pousse dans sa région,  ainsi qu’au Touat, Tidikelt, Biskra et à l’Ahaggar.

Digeste, diurétique, et sans gluten, el bechna a une  valeur nutritive hautement plus élevée que d’autres céréalesbech2 telles que : le riz et le blé. De plus, elle est riche en vitamines B, E et en minéraux comme le potassium, le phosphore, le fer et le zinc et le Magnésium. Les données scientifiques récentes consolident le savoir faire empirique des habitants des oasis qui l’a nomment « el jebara », littéralement : celle qui répare les os. En effet,  et de part sa teneur élevé en calcium elle est préconisée dans la guérison  des fractures. Enfin, elle fait toujours partie des denrées nomades, et demeure considérée comme un allié des femmes touaregs et reguibets qui pratiquent le gavage, en la mélangeant aux dattes et au lait de chamelles.

A propos de la  céréaliculture saharienne d’antan, Nadir Marour, dans son ouvrage « Lecture de l’espace oasien » s’exprime comme suit : « Ces greniers n’ont pas pu être conçus pour ravitailler les tribus de passage [… ] ». En effet, « les  territoires touatiens gourariens et tidikiltiens ont eu pour autre finalité, de nourrir une population sédentaire » et ajoute en ce sens,  qu’elle fut « rendu disponible par le jeu des échanges séculaires avec les tribus du nord « .  

A la lumière de ces deux citations, et avec plus de 80% du territoire de l’Algérie; le Sahara et el bechna, sa céréale pérenne et robuste qui se prête à l’aridité de ce climat sec, pourraient aisément être la réponse à l’autosuffisance  céréalière d’une Algérie qui renoue avec ses racines africaines. A l’exemple du du Mali, qui voue un véritable culte à cette céréale bienfaisante, et où des autels sont érigés pour y déverser de la bouillie de mil, comme c’est le cas à  Yendouma au Pays Dogon « le pays dans un pays », qui se situe au Mali.

Leila A

 

Sources :

  1. BONO M. , 1973. Contribution à la morpho-systématique des Pennisetum annuels  cultivés pour leur grain en Afrique occidentale francophone. L’Agronomie tropicale.
  2. PORTERES R., 1950. Vieilles agricultures de l’Afrique intertropicale: centres d’origine et de diversification vari étale primaire et berceaux de l’a agriculture antérieurs au XVIe siècle. L’Agronomie tropicale, 5
  3. Gilles Bezançon, Jean-François Renno, K. Anand Kumar , Le mil .  
  4. Despois Jean. Le blé en Algérie.. In: Annales de Géographie, t. 60, Persée n°319, 1951.
  5. Portères Roland , Les appellations des céréales en Afrique. In: Journal d’agriculture tropicale et de botanique appliquée – Persée  vol. 5, n°11, novembre 1958.
  6. Nadir Marouf ,Lecture de l’espace oasien  – Passé et présent des oasis occidentales  (Algerie ), Barzakh, 2013Image 1 : www.racines-sa.com

    Image 2 – 3  ( tige de millet)  / Crédit photo  Rym Sahraoui

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One thought on “El bechna, la petite graminée aux multiples vertus

  1. Zak Silem

    Un grand merci pour cet exposé très instructif sur cette graminée aux multiples vertus, mais qui reste,malheureusement, méconnue par le grand public.Mes grands-parents, qui ne sont plus de ce monde, la cultivaient dans les années 70 à l’Est du pays, du côté de Jijel

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