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Information historique et socioculturelle sur l'Algérie

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Contribution – FAITS ET MEFAITS de Mohamed Adjou


Nous sommes le 30 avril

C’est en ce jour de l’année 1827 que, manipulé par Bacri et exaspéré par Deval, le Dey Hussein usa de son éventail dans une toute autre fonction que celle pour laquelle il en usait habituellement…

C’est le prétexte qu’attendait la France pour traverser la mer et réparer l’humiliation non pas en sanctionnant le Dey coupable mais en occupant un pays qui n’était pas le sien pour près d’un siècle et demi et en « génocidant » un peuple qui ne lui a rien fait…

Le Dey Hussein quant à lui, fut embarqué avec harem et bagages sur un bateau français pour un exil doré en Italie et finir par mourir en Egypte…

La France se libéra ainsi de sa dette que les Algériens ne peuvent plus réclamer car elle l’avait contractée auprès d’un représentant de la Sublime Porte, laquelle a fini par n’être plus qu’un avatar de l’Histoire…

En dépit de sa capitulation très peu glorieuse, le Dey Hussein, comme ses prédécesseurs, ne fut jamais frappé d’indignité en ce pays et certaines rues, certains quartiers et bâtis portent toujours leurs noms, même si leur patrie d’origine ne prit jamais sur elle d’appuyer les sacrifices des enfants d’Algérie pour se libérer de l’occupation française favorisée par leur abandon à ses nouveaux envahisseurs … ce qui montre que ce pays a besoin de parfaire une libération qu’il n’a arrachée qu’à moitié car il lui reste à se libérer des pesanteurs d’un passé trop voilé de religiosité pour permettre une sereine vision de son histoire et de ses intérêts…

Mais à voir le regard que la plupart des politiques français ont sur l’aventure criminelle de leur pays, on pourrait comprendre qu’ils seraient plutôt enclins à exiger paiement pour nous avoir « civilisés » plutôt que remboursement d’une dette qu’ils considèrent avoir payée en nous libérant de nos flibustiers de « frères en religion »…

La complaisance avec laquelle la plupart de nos responsables regardent la « métropole » où ils possèdent pieds à terre, vont faire leur shopping, y passent leur villégiature, y déposent leurs fonds et s’y font soigner, montre que ce ne sont pas seulement les français qui croient que leur expédition d’Alger fut salutaire, profitable et bénéfique…

Mais nous pouvons nous estimer heureux que la France ait conservé notre pays sous son giron pour nous permettre de le libérer sans amputation…

Elle aurait pu en effet céder l’une de nos Kabylies, nos Aurès ou notre vallée du M’Zab à ses amis Yankees comme elle lui a cédé le 30 avril 1803, 14 ans jour pour jour après l’investiture de leur premier président Georges Washington, la Louisiane pour 80 Millions de Francs, se permettant de négocier un pays occupé comme elle négocierait du blé ou du vin ou des pommes de sa région PACA…

Mais ces pratiques des champions actuels de la démocratie et de l’émancipation des peuples n’étaient pas isolées à l’époque et jusqu’à une date récente… La preuve est donnée par la concession de la province chinoise de Shandong au Japon le 30 avril 1919 par la Conférence de paix qui réunit les vainqueurs de la première guerre mondiale… ce qui amena la Chine à quitter la conférence.

Une province qu’elle finit toutefois par récupérer et qui dut subir la hargne du général nippon Okamura qui y pratiqua la stratégie de la terre brûlée à partir de 1938 en y mettant en branle la politique des « trois tout » : tue tout, brûle tout, pille tout » que la France n’hésita pas à expérimenter chez nous aussi sans trop en parler…

Fort heureusement les guerres n’ont qu’un temps et cette guerre où la France officielle eut une position moins glorieuse que celle des représentants de la Sublime Porte à Alger, se termina pratiquement en ce 30 avril 1945 quand Hitler et sa maîtresse Eva Braun mirent fin à leurs jours dans leur bunker encerclé par l’armée rouge, en laissant à ce jour planer le doute sur la version de leur suicide…

Loin de ces histoires de sang, c’est en ce jour de 1998 que s’éteignit l’un des plus grands poètes arabes qui ne fit don de son talent à aucun dirigeant de ce monde dit « arabe », réservant toute sa passion poétique à la femme… Nizar Kabbani, mort à Londres et dont le dictateur syrien Hafez El Assad, quand il était fréquentable, rapatria la dépouille pour qu’elle soit enterrée dans le caveau familial dans un cimetière de Damas…

Nizar Kabbani qui laissa pour sa postérité des textes d’une grande beauté que chantèrent les meilleures voix arabes…

Autre monsieur qui mourut en ce jour de l’année 1792 et qui, ne tira pas profit de ses faits de guerre même s’il fut Amiral de Sa Majesté… Il termina même très mal sa carrière militaire puis diplomatique puisqu’il fut accusé de corruption et d’avoir été la cause de la défaite des Tuniques Rouges dans la guerre d’indépendance des Etats Unis… Il s’agit, je vous l’apprends comme je l’ai appris ce matin, de Sir John Montagu, 4e Comte de Sandwich…

Un homme à qui on attribue la paternité d’une des inventions qui profite, à ce jour, à des milliards de citoyens du monde sans distinction de race ou de religion : le sandwich.

Mohamed Adjou

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