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Conte – Zarbouta


ogresse_finette_cendronOn raconte qu’un douar fut pendant longtemps terrorisé par une ogresse qu’on appela Zarbouta tant elle était leste dans ses déplacements et prompte dans ses interventions. Elle était comme le vent, sautait comme une antilope et chassait comme un fauve. Jamais personne n’avait pu l’attraper.

Zarbouta s’attaquait à tous ce qui bougeait dans le douar: chien, chat, volaille, veau, vache, âne, moutons, brebis, chèvre et bien sûr, hommes, femmes et enfants. Tout le monde se plaignait des agissements de Zarbouta. On avait tout tenté pour arriver à bout de la terrible ogresse. Mais rien à faire, Zarbouta revenait chaque soir et s’emparait des plus belles bêtes des troupeaux.

 

Un des hommes nommé Yahia, proposa alors de dresser un grand piège et de prendre Zarbouta vivante:

«Il est moins dangereux de la placer sous bonne garde et de la nourrir à notre convenance. Si nous la tuons les autres ogres nous attaquerons à coup sûr.»

L’idée fit l’unanimité et dès le lendemain on se mit à l’ouvrage pour creuser un immense matmour (silo, trou dans le sol) où l’ogresse tomba. Prise au piège Zarbouta se débattit mais dut se rendre à l’évidence. Elle était prisonnière des hommes qui comme convenu, la nourrissaient de bonnes rations de viandes.

Mais l’absence prolongée de Zarbouta mit toute sa famille et particulièrement sa mère en colère. Chaque soir, alors que tout le monde dormait, on entendait le même appel de la mère de Zarbouta, qui disait:

«Zarbouta, ya Zarbouta!!! »

Et Zarbouta de répondre du fond du matmour:

«Ani fi lahbel marbouta!!! (je suis de cordes ligotée) »

Les chiens se mettaient aussitôt à aboyer et formaient un concert assourdissant pour effrayer l’ogresse-mère qui s’adressait alors à celui qui avait conçu le piège pour lui dire:

«Yahia, ya Yahia, koun ma klebek, nateflek zgheb ellahya. (Yahia, O Yahia, si ce n’était tes chiens je t’arracherais les poils de la barbe).»

 

Source: D’aprés  le livre «Contes du terroir Algérien» Volume 1,  Editions DALIMEN

Illustration: Une ogresse poursuit des jeunes filles sur une gravure illustrant un recueil de contes  www.femmesetdeesses.wordpress.com

 

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