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Conte – Tu seras un homme mon fils – suite et fin – La dernière épreuve


leon_carrc3a9_mille_et_une_nuit_histoire_de_la_rose_marine_et_de_ladolescente_de_chine_02Pendant ce temps là, la fille du vizir, devenue une jeune fille aussi belle qu’intelligente, attirait le regard de tous les prétendants de la région, tous prince et de noble extraction. Elle se savait promise au prince héritier et repoussa toutes les avances.

Elle demanda alors à son père de lui apprendre le maniement des armes. Le père la confia à un grand maître qui lui enseigna tous les secrets de cet art. Elle devint très habile et sa réputation colportée de bouche en bouche attira plus d’un qui la défièrent et l’affrontèrent en duel d’où elle sortait toujours victorieuse.

Elle voulut aussi un château rien que pour elle et le père le lui construisit au fond de la forêt. De là, elle défia tous les jeunes hommes de la contrée : celui qui la battra sera son époux. Plusieurs se présentèrent et furent minablement vaincus.

La réputation de la châtelaine qui circulait à travers le pays arriva aux oreilles du prince héritier qui voulut tenter sa chance et surtout répondre à l’appel d’une mère qui avait vu son fils décapité par la lame de la belle châtelaine.

-« Il faut battre la châtelaine qui a tué mon fils ! disait la mère éplorée. »

Monté sur son coursier, il traversa monts et vallées mais au premier col, il rencontra un homme enveloppé de son burnous, qui lui coupa le chemin et le défia en duel à l’épée. Après une bataille sans merci, l’inconnu se fit connaitre. C’était son maître.

Au prochain col, il fut attaqué par un homme portant un masque, sabre au poing. Il se défendit vaillamment. Il se remit en selle et chevaucha longtemps lorsqu’à un passage difficile, il rencontra son maître à visage découvert qui le provoqua pour un dernier duel. A la fin du combat, il lui dit :

-« Va, maintenant je sais que tu es passé maître dans le maniement de l’épée ! Va et poursuit ta destinée d’homme. »

Le jeune homme reconnaissant, salua le sage qui l’avait initié à la vie  et au combat et reprit sa route vers celle qui l’attendait depuis toujours. Il se présenta un matin, au château pour rencontrer l’imbattable fille du vizir. Les gens tentèrent de l’en dissuader en le mettant en garde contre l’intrépide châtelaine dont personne n’avait pu à ce jour, voir le visage caché derrière un voile.

Quand la fille du vizir eut vent de sa présence au château, elle donna l’ordre d’organiser le duel. Le combat dura trois jours.

Au dernier jour, la fille du vizir s’avoua vaincu et comprit que seul celui qui avait partagé ses peines et ses joies d’enfance pouvait voir faiblir son bras. Elle demanda alors à son adversaire de lui conter sa vie. C’est ainsi qu’elle sut que le prince héritier était de retour pour annoncer à son père fièrement qu’il était un homme digne de son estime.

Le roi sans attendre, bénit le mariage de son fils qui sut devenir un homme, avec celle qui sut défendre son honneur en attendant le retour de celui auquel elle était promise depuis toujours.

 

Source : Conte du terroir algérien – Editions Dalimen

Illustration : Léon Carré 

 

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